Cet article est PREMIUM, et nécessite un abonnement payant pour lire la suite

Je m’identifie

Temps estimé - 4 min

Par Marie Déniel. D’après un communiqué de presse de l’INRA, 13 mars 2008.

Dans le cadre d’une prévention globale des risques de maladies cardio-vasculaires et de cancer, le PNNS2 a pour objectif de réduire de 5 % la cholestérolémie moyenne dans la population adulte.
L’équipe du laboratoire INRA d’Etiologie et Physiologie du Système Digestif s’est intéressée à la relation entre l’alimentation et la flore intestinale humaine et son impact sur la santé. Depuis les années 1930, on sait que les bactéries intestinales sont capables de réduire le cholestérol en coprostanol éliminé à son tour via les fèces, mais cette activité est inégalement répartie dans la population humaine : selon les personnes, le cholestérol est plus ou moins transformé par le microbiote.
Bien que chez le rat, le cochon ou le babouin, les bactéries ayant cette activité aient été identifiées (du genre Eubacterium), aucune recherche n’avait permis jusque là d’isoler les bactéries responsables de ces transformations chez l’homme, les recherches consistant à isoler ces bactéries parmi les 100 milliards présentes dans un gramme de matière contenue dans le côlon !
A partir des fèces d’une personne dont la teneur en coprostanol était très élevée, 12 colonies bactériennes ont été réalisées et cultivées en présence de cholestérol. Dans une de ces cultures du genre Bacteroides, la digestion de son substrat s’est achevée après 7 jours, cette durée étant la même que celle mise en œuvre par les Eubacterium. Ainsi, le cholestérol a été totalement converti en coprostanol, très répandu dans le microbiote intestinal (près de 20 % des bactéries).
Une analyse génétique a ensuite permis aux chercheurs de l’INRA de rapprocher cette bactérie, avec 99,5 % de similitudes, de l’espèce Bacteroides dorei, mais qui ne possède pas la capacité de réduire le cholestérol. Les chercheurs en déduisent donc que leur candidate active, baptisée Strain D8, est une des variantes, ou souche, de B. dorei. Reste à identifier les gènes responsables de cette activité chez cette souche D8.

Référence : P.Gérard, P.Lepercq, M.Leclerc, F.Gavini, P.Raibaud and C.Juste. Bacteroides sp. Strain D8, the First Cholesterol-Reducing Bacterium Isolated from Human Feces. Applied and Environmental Microbiology. Septembre 2007, vol.73(18): 5742–5749.