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La limite de consommation des acides gras saturés (d’origine animale et végétale), par rapport à la prévention du risque de maladies cardiovasculaires, constitue sans doute la première mesure de nutrition humaine post-Seconde Guerre Mondiale. La célèbre étude des 7 pays, puis les recommandations nutritionnelles américaines de 1980, ont suggéré de consommer un régime pauvre en matières grasses et acides gras saturés. Cette mesure a été reprise dans bon nombre de pays développés, et a depuis largement orienté les recherches et politiques menées en nutrition humaine. À l’heure actuelle, les acides gras saturés ont toujours mauvaise réputation au sein du grand public.

C’est donc à une mesure hautement symbolique que s’attaquent un groupe d’experts en nutrition, en vue des recommandations nutritionnelles américaines (Dietary Guidelines for Americans) définies sur la période 2020-205 (recommandations révisées tous les cinq ans). Dans une lettre envoyée simultanément à l’USDA (US Department of Agriculture) et au HHS (US Department of Health and Human Services), des experts tels qu’Arne Astrup, Ronald Krauss, Thomas Brenna ou Marcia de Oliveira Otto soulignent que les preuves scientifiques existantes ne justifient pas les plafonds actuels de consommation d’acides gras saturés. Premièrement, les experts soulignent l’existence d’un effet matrice, plaidant ainsi pour une approche holistique plutôt que par nutriments. Deuxièmement, ces mêmes experts insistent sur les récents résultats d’études épidémiologiques, méta-analyses et études cliniques randomisées contrôlées qui ne démontrent pas d’effet significatif de ces acides gras sur la mortalité totale et cardiovasculaire. Troisièmement, les experts mettent l’accent sur plusieurs types de cholestérol-LDL, en particulier les plus petites et denses : ces dernières sont associées à un plus grand risque cardiovasculaire, et ne sont pas affectées par la consommation d’acides gras saturés.

Même s’il paraît peu probable, un effacement des plafonds de consommation des acides gras saturés ferait figure de séisme au sein de la nutrition humaine.

 

 

Lettre envoyée à l’USDA et au HHS : https://static1.squarespace.com/static/5a4d5666bff20053c65b7ff2/t/5e4eba3e5ceeae299ebb07ae/1582217791211/FINAL+letter+to+secretaries+of+USDA+17th+Feb+2020.pdf

Consensus du groupe d’experts : https://static1.squarespace.com/static/5a4d5666bff20053c65b7ff2/t/5e4eba24343beb582c023741/1582217764447/Scientists+Sat+Fat+consensus+statement_FINAL.pdf

 

Crédits d’image : https://www.flickr.com/