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À l’occasion du « One Health Summit » à Lyon en avril 2026, la France a présenté son approche « One Health », qui vise à mieux articuler les enjeux de santé humaine, animale et environnementale. C’est dans ce contexte qu’ont été publiés le Programme national pour l’alimentation (PNA 4) et le Programme national nutrition santé (PNNS 5) pour la période 2026-2030.

Ces deux programmes structurent les politiques publiques françaises en matière d’alimentation et de nutrition, avec une ambition renforcée : agir à la fois sur les comportements alimentaires, l’environnement nutritionnel et l’offre alimentaire.

Deux programmes complémentaires mais distincts

Le PNNS 5 conserve un rôle centré sur la santé publique. Il vise à améliorer l’état nutritionnel de la population en mobilisant plusieurs leviers, notamment les recommandations alimentaires, la prévention des maladies chroniques, la promotion de l’activité physique et l’amélioration de l’information du consommateur.

Le PNA 4 adopte, quant à lui, une approche plus systémique du système alimentaire. Il intègre des dimensions sociales, territoriales et environnementales, avec des objectifs tels que :

  • la réduction du gaspillage alimentaire,
  • l’amélioration de l’accès à une alimentation de qualité,
  • le soutien aux filières durables et territorialisées,
  • le renforcement de la souveraineté alimentaire.

Les deux programmes sont conçus pour fonctionner de manière complémentaire, en combinant approche nutritionnelle et transformation du système alimentaire.

Une approche de plus en plus intégrée

Une évolution notable réside dans le rapprochement des politiques publiques, avec une volonté de décloisonner les approches historiques.

Cette logique s’inscrit dans le cadre plus large de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), qui constitue un cadre de cohérence à horizon 2030. Elle vise à aligner les politiques publiques autour d’objectifs communs : santé, durabilité, accessibilité et résilience du système alimentaire.

La SNANC introduit notamment une approche « One Health », fondée sur l’interdépendance entre santé humaine, environnement et systèmes alimentaires .

Des leviers d’action renforcés

Le PNNS 5 et le PNA 4 confirment et amplifient plusieurs leviers structurants.

L’amélioration de la qualité nutritionnelle de l’offre reste centrale, avec la poursuite des démarches de reformulation visant à réduire les teneurs en sel, sucres et matières grasses dans certaines catégories de produits.

L’information du consommateur est également renforcée, avec la consolidation des outils existants. Dans une logique élargie portée par la SNANC, cette information pourrait être complétée par le développement de dispositifs tels que l’affichage environnemental des produits alimentaires .

Par ailleurs, les pouvoirs publics affichent une volonté accrue d’agir sur l’environnement alimentaire, notamment à travers :

  • un encadrement renforcé du marketing, en particulier à destination des enfants,
  • le développement d’environnements favorables à des choix alimentaires plus sains,
  • le renforcement des actions en restauration collective.

Sur ce dernier point, ces orientations s’inscrivent dans la continuité des exigences déjà en vigueur, notamment celles issues de la loi EGAlim, qui fixent un objectif de 50 % de produits durables et de qualité, dont au moins 20 % issus de l’agriculture biologique en restauration collective.

Une montée en puissance des enjeux environnementaux et sociaux

L’une des évolutions majeures tient à l’intégration croissante des enjeux environnementaux dans les politiques alimentaires.

Le PNA 4 s’inscrit pleinement dans cette dynamique, en lien avec les objectifs de transition des systèmes alimentaires. En parallèle, la SNANC formalise cette orientation en intégrant explicitement des objectifs liés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la préservation de la biodiversité et à la durabilité des modes de production .

Les enjeux sociaux restent également centraux, avec une attention particulière portée à la lutte contre la précarité alimentaire et à l’accès équitable à une alimentation de qualité.

Quels impacts pour les acteurs du secteur ?

Pour les opérateurs agroalimentaires, ces évolutions confirment plusieurs tendances de fond :

  • une exigence croissante sur la qualité nutritionnelle des produits,
  • une intégration progressive des critères environnementaux,
  • une vigilance accrue sur les pratiques marketing et de communication,
  • un renforcement des attentes en matière de transparence et d’information.

Au-delà des obligations réglementaires existantes, ces programmes traduisent une évolution du cadre d’action public, avec un renforcement des orientations en matière d’alimentation, de nutrition et de durabilité, dont les modalités de mise en œuvre pourront être précisées progressivement.