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La CLCV (Association nationale de consommateurs et usagers) a publié les résultats d’une enquête menée en janvier 2026 sur 219 références de biscuits apéritifs (9 enseignes : Aldi, Biocoop, Carrefour, Coopérative U, Intermarché, Leclerc, Lidl, Monoprix et Naturalia). Ces références appartiennent aux 10 catégories de produits suivantes : cacahuètes (grillées et enrobées) ; bretzels ; chips ; crackers ; feuilletés ; gressins ; mélanges de fruits et graines ; soufflés ; tortillas ; tuiles. Cette enquête dresse un constat préoccupant pour le secteur agroalimentaire : malgré une pression croissante sur les enjeux de santé publique, les efforts de reformulation et de transparence restent limités. L’étude repose sur l’analyse des emballages (valeurs nutritionnelles, ingrédients, additifs, allégations) et sur le recalcul du Nutri-Score selon le nouvel algorithme entré en vigueur en 2025.

Premier enseignement : la qualité nutritionnelle globale demeure médiocre. En 2026, 77% des produits sont classés Nutri-Score D ou E, traduisant des teneurs élevées en sel et en acides gras saturés. Certaines catégories se distinguent particulièrement, comme les feuilletés ou les bretzels, très salés (jusqu’à 4,1 g/100 g). À l’inverse, les alternatives perçues comme plus saines (chips de légumes ou de légumineuses) n’apportent qu’un bénéfice relatif, souvent limité par des teneurs élevées en sel, lipides ou additifs, et ne remplacent pas la consommation réelle de légumes et légumineuses.

Sur le plan de l’information consommateur, l’affichage du Nutri-Score progresse (68% des produits en 2026 vs 36% en 2021-2022), mais reste insuffisant, en particulier pour les marques nationales (44% d’affichage contre 88 % pour les MDD). Plus problématique encore, près de la moitié des produits affichant un Nutri-Score ne l’ont pas actualisé selon le nouvel algorithme, alors que celui-ci dégraderait la note de 42% des références. Cette inertie soulève des enjeux de transparence et de loyauté de l’information. La CLCV appelle les industriels à adopter le Nutri-Score, à le faire évoluer quand une reformulation le justifie, et à l’actualiser conformément au nouvel algorithme. Elle appelle aussi à rendre obligatoire le Nutri-Score.

Cette enquête de la CLCV confirme aussi une faible évolution des recettes : 89% des produits ont conservé le même Nutri-Score depuis 2021 et 79% le même nombre d’additifs. Si des progrès ponctuels sont observés (réduction du sel pour 40% des biscuits apéritifs et des acides gras saturés pour 20% d’entre eux), ils sont contrebalancés par des dégradations simultanées sur ces mêmes critères. L’effort de reformulation reste donc marginal et peu structurant à l’échelle du marché.

L’étude met également en évidence un niveau élevé d’ultra-transformation. 53% des biscuits apéritifs contiennent au moins un additif, et 38% des arômes. Parmi les produits avec additifs, près de 70% en contiennent au moins un considéré comme « à risque » dans la littérature scientifique. À cela s’ajoute la présence fréquente de sucres ajoutés (46% des références), y compris dans des produits salés, renforçant leur appétence et potentiellement leur surconsommation. Les crackers et les tuiles sont les familles avec le plus de sucres ajoutés.

Enfin, les stratégies marketing apparaissent en décalage avec la réalité nutritionnelle. Près d’un tiers des biscuits apéritifs affichent des allégations, majoritairement portées par les marques nationales (78% des cas). Or, ces allégations (nutritionnelles, “sans”, voire de santé) concernent parfois des produits classés D ou E, créant un risque de confusion pour le consommateur et posant la question d’un encadrement réglementaire plus strict.

En conclusion, cette enquête souligne un paradoxe majeur : alors que les outils d’évaluation nutritionnelle et les attentes sociétales sont clairement établis, le rayon des biscuits apéritifs reste largement en retard. Pour les industriels, les marges de progrès existent (reformulation, simplification des recettes, transparence), mais nécessitent un changement d’échelle et de priorisation stratégique. La CLCV encourage les industriels à faire des efforts de reformulation pour notamment réduire les teneurs en sel et en acides gras saturés, mais aussi diminuer l’utilisation d’additifs alimentaires et de sucres ajoutés. Elle demande aussi aux pouvoirs publics de renforcer la règlementation liée à l’utilisation des allégations, en les interdisant pour les produits ayant des profils nutritionnels médiocres.

 

Sources :

Enquête. Biscuits apéritifs : des grandes marques qui passent à côté des enjeux de santé. CLCV, article publié le 09/04/2026, et mis à jour le 13/04/2026.

Dossier de presse Avril 2026 : Enquête alimentation – Biscuits apéritifs – Des grandes marques qui passent à côté des enjeux de santé.

Photo d’illustration : Pexels