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Les horaires des repas varient souvent entre la semaine et le week-end. Ce décalage, appelé « eating jetlag », pourrait perturber les rythmes biologiques impliqués dans la régulation du métabolisme. Une étude publiée dans Communications Medicine a examiné son association avec la survenue de maladies cardiovasculaires dans la cohorte française NutriNet-Santé.
L’analyse portait sur 104 806 adultes, âgés en moyenne de 42,7 ans, dont 79 % de femmes, sans antécédent cardiovasculaire à l’inclusion. Les chercheurs ont exploité les enregistrements alimentaires recueillis pendant les deux premières années de suivi, soit 5,8 journées renseignées en moyenne par participant. Le décalage alimentaire correspondait à la différence, entre semaine et week-end, du point médian situé entre la première et la dernière prise calorique de la journée. Les participants étaient séparés en trois groupes selon leur décalage :
- Avancé, pour ceux mangeant plus tôt le weekend qu’en semaine
- Maintenance, pour ceux conservant les mêmes horaires de repas
- Retardé, pour ceux mangeant plus tard le weekend qu’en semaine
Les analyses tenaient compte de nombreux facteurs, notamment des caractéristiques sociodémographiques, du mode de vie, de l’IMC, de la qualité de l’alimentation et des horaires habituels des prises alimentaires.
Au cours d’un suivi médian de 8,1 ans, 2 368 événements cardiovasculaires ont été recensés (1 270 événements coronariens et 1 098 événements cérébrovasculaires). Dans l’ensemble de la population, chaque heure supplémentaire de décalage était associée à un risque cardiovasculaire supérieur de 8 %. Cette association n’était toutefois plus statistiquement significative après prise en compte du sommeil dans le sous-échantillon disposant de ces données.
Après ajustement incluant les horaires et la durée du sommeil, chaque heure supplémentaire de décalage était associée à un risque cardiovasculaire supérieur de 15 % et à un risque coronarien supérieur de 20 %. Par rapport à des horaires relativement stables, avancer le point médian de plus d’une heure le week-end était associé à un risque coronarien supérieur de 68 %, contre 36 % lorsqu’il était retardé de plus d’une heure. Aucune association significative n’a été détectée chez les femmes ni pour les événements cérébrovasculaires.
Les auteurs proposent qu’une irrégularité répétée des horaires alimentaires puisse désynchroniser les horloges biologiques et affecter le fonctionnement métabolique et cardiovasculaire. Ce mécanisme n’a cependant pas été directement évalué. L’étude est observationnelle et ne permet pas d’établir de liens de causalité. Les jours de semaine ont été assimilés aux jours travaillés, sans tenir compte des horaires professionnels réels, et la population étudiée n’était pas représentative de l’ensemble des adultes français.
→ En conclusion, ces résultats suggèrent que la régularité des horaires alimentaires mérite d’être davantage étudiée dans le cadre de la prévention cardiovasculaire. Ils doivent aussi être confirmés avant de conclure qu’une réduction du décalage entre semaine et week-end diminue le risque de maladie.
« Eating jetlag based on meal timing discrepancies and risk of cardiovascular disease using the prospective cohort NutriNet-Santé »
Article publié le 1er septembre 2026 dans Communications Medicine
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1038/s43856-026-01758-5
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Cottonbro studio