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Foodwatch, Familles Rurales et le Secours Catholique portent une campagne visant à améliorer l’accessibilité économique de certains aliments considérés comme prioritaires au regard des recommandations de santé publique. Leur proposition consiste à rendre obligatoire, dans la grande distribution, la vente à prix coûtant de 100 produits alimentaires sélectionnés en lien avec les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS).

Cette demande s’inscrit dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat et d’inégalités d’accès à l’alimentation. Les associations indiquent notamment que 29 % des Français déclareraient devoir sauter un repas par manque d’argent et estiment qu’une partie de la population rencontre des difficultés à accéder régulièrement aux aliments recommandés dans le cadre du PNNS. Elles mettent également en avant les enjeux de prévention associés aux maladies chroniques liées à l’alimentation.

La pétition soulève la question de la formation des prix des denrées alimentaires et de l’accessibilité de certains produits, en particulier les fruits et légumes. Les associations considèrent que la concentration du secteur de la distribution et les mécanismes actuels de fixation des prix justifient l’examen de mesures spécifiques pour certains produits jugés prioritaires.

La mobilisation s’est élargie en février 2026 avec le soutien de plus de 30 organisations issues de domaines variés : santé publique, lutte contre la précarité, défense des consommateurs, solidarité, environnement ou encore justice sociale. Cette diversité témoigne de l’intérêt croissant porté aux liens entre nutrition, accessibilité économique et politiques alimentaires.

Sur le fond, la liste proposée comprend notamment des fruits et légumes frais, surgelés ou en conserve non transformés, des fruits à coque sans sel ajouté et des légumineuses, correspondant aux catégories que le PNNS recommande d’augmenter. Elle intègre également des produits relevant de la logique « aller vers », comme les produits céréaliers complets ou semi-complets, certains produits laitiers, les huiles d’olive, de colza ou de noix, ainsi que des poissons et fruits de mer.

La sélection va toutefois au-delà des seuls aliments faisant l’objet d’un repère spécifique du PNNS. Les associations ont aussi retenu des œufs, des pommes de terre, des boissons chaudes, des produits pour bébé et plusieurs ingrédients destinés à cuisiner maison, comme le vinaigre, les épices, le beurre, le sucre ou le miel. Elles précisent que certains de ces produits, notamment les œufs et les pommes de terre, ne font pas l’objet d’une recommandation quantitative particulière dans le PNNS mais ont été inclus en raison de leur usage courant.

Au total, la liste distingue 37 produits relevant de la catégorie « à augmenter », 35 de la catégorie « aller vers » et 28 autres produits. Elle comporte également une part significative de produits biologiques et vise à favoriser, lorsque cela est possible, des produits d’origine française. Les associations précisent enfin que cette sélection ne constitue pas un panier alimentaire complet, mais un ensemble de références considérées comme prioritaires au regard de leur composition nutritionnelle et des orientations de santé publique

Cette initiative illustre une façon dont des recommandations de santé publique peuvent être traduites en une sélection opérationnelle de produits. Elle pose également la question de l’articulation entre critères nutritionnels, accessibilité économique, origine, mode de production et politique de prix.