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A travers les résultats d’une récente enquête, le Food & Health Survey 2026 de l’International Food Information Council (IFIC) met en évidence la place croissante de la notion d’« aliment ultra-transformé » dans les perceptions alimentaires des consommateurs américains. L’enquête a été réalisée en ligne auprès de 3 005 adultes américains âgés de 18 à 80 ans, entre le 22 mars et le 8 avril 2026, avec une pondération visant à refléter la population nationale.
Les résultats de cette enquête montrent que la familiarité avec le terme « ultra-transformé » progresse rapidement : 52% des Américains déclarent désormais le connaître, contre 44% en 2025 et 32% en 2024. Mais cette diffusion du vocabulaire ne signifie pas nécessairement qu’une définition commune se soit imposée. Pour déterminer si un aliment est ultra-transformé, les consommateurs se forgent en pratique leurs propres critères : 56% se réfèrent à la liste des ingrédients et 51% au tableau « Nutrition Facts » (la déclaration nutritionnelle). Par ailleurs, 23% déclarent s’appuyer sur leur propre jugement et autant sur un assistant d’intelligence artificielle.
L’enquête souligne que cette perception influence les comportements : 36% des répondants indiquent avoir cherché à limiter les aliments fortement transformés au cours des douze derniers mois, tandis que 73% déclarent prendre en compte le degré de transformation lors de leurs achats. La terminologie utilisée joue également un rôle : seuls 8% considèrent que les aliments qualifiés d’« ultra-transformés » peuvent faire partie d’une alimentation saine, auxquels s’ajoutent 21% estimant que cela est « peut-être » possible. Les perceptions sont sensiblement plus favorables lorsqu’il est question d’aliments simplement « transformés » ou « emballés ».
Plus largement, la définition d’un aliment « sain » semble évoluer au-delà de sa seule composition nutritionnelle. Le caractère frais, la teneur en protéines, l’absence ou la limitation des ingrédients artificiels et des conservateurs, ainsi que la courte liste d’ingrédients prennent davantage de poids. Par exemple, 27% associent désormais un aliment sain à une limitation ou une absence d’ingrédients artificiels ou de conservateurs, contre 17% en 2022.
Un autre résultat de cette enquête mérite l’attention : pour la première fois depuis le lancement de l’enquête IFIC en 2006, la praticité (61%) dépasse le caractère sain (56%) parmi les principaux déterminants d’achat, derrière le goût (88%) et le prix (78%).
Pour les acteurs agroalimentaires, ces résultats illustrent un enjeu croissant : la perception du niveau de transformation devient un critère de lecture du produit à part entière, mais repose sur des repères consommateurs qui ne correspondent pas nécessairement à une définition scientifique harmonisée. Formulation, longueur et compréhension de la liste d’ingrédients, information nutritionnelle et choix des termes employés pour présenter le produit pourraient ainsi peser de plus en plus fortement sur son image de « naturalité » ou de « santé ».
Sources :
“A Focus On Dietary Guidance & Processed Food”, IFIC Food & Health Survey, 2026.
Consumers developing their own definition of ultra processed, Food Business News, Jeff Gelski, 20/07/2026