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Le calcium et la vitamine D sont depuis longtemps considérés comme des piliers de la santé osseuse. De nombreuses recommandations médicales encouragent leur consommation, en particulier chez les personnes âgées, dans l’objectif de réduire le risque de fractures et de chutes. Pourtant, malgré leur utilisation massive à travers le monde, les preuves scientifiques concernant leur efficacité réelle restent débattues. Les fractures et les chutes constituent un enjeu majeur de santé publique. Environ un tiers des personnes âgées de plus de 65 ans chutent au moins une fois par an, avec des conséquences parfois graves sur l’autonomie, la qualité de vie et les dépenses de santé. De plus, près d’une femme sur deux et un homme sur cinq subiront une fracture liée à la fragilité osseuse au cours de leur vie. C’est dans ce contexte que les suppléments de calcium et de vitamine D ont été largement promus depuis plusieurs décennies.

L’objectif de cette étude était d’évaluer de manière exhaustive l’efficacité du calcium seul, de la vitamine D seule ou de leur combinaison pour prévenir les fractures et les chutes chez les adultes ne recevant pas de traitement médicamenteux contre l’ostéoporose.

Pour répondre à cette question, les auteurs ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse regroupant les données de 69 essais cliniques randomisés totalisant 153 902 participants. Les études comparaient une supplémentation en calcium, en vitamine D ou en calcium associé à la vitamine D à un placebo ou à l’absence de traitement. Les chercheurs ont analysé plusieurs critères : le risque de fracture, les fractures de la hanche, les fractures vertébrales et non vertébrales, le risque de chute ainsi que le nombre total de chutes.

Les résultats montrent que le calcium seul n’apporte pratiquement aucun bénéfice significatif. Chez plus de 9 000 participants analysés, la supplémentation en calcium n’a pas réduit de manière convaincante le risque global de fracture. Les chercheurs n’ont pas non plus observé d’effet notable sur les fractures vertébrales, les fractures non vertébrales ou les chutes.

Les conclusions sont encore plus nettes concernant la vitamine D seule. L’analyse de 46 essais regroupant plus de 92 000 participants montre une absence d’effet sur le risque global de fracture. La supplémentation n’a pas davantage réduit le risque de fracture de la hanche, de fracture vertébrale, de chute ou le nombre total de chutes. Le niveau de preuve a même été jugé élevé pour plusieurs de ces résultats, ce qui renforce la solidité des conclusions.

La combinaison calcium et vitamine D a montré quelques résultats statistiquement favorables. Les chercheurs ont observé une réduction relative du risque global de fracture et du risque de fracture de la hanche. Toutefois, lorsqu’ils ont examiné l’ampleur réelle du bénéfice, les gains apparaissaient très faibles. Ces réductions ont été jugées trop modestes pour être considérées comme cliniquement significatives.

L’étude rappelle également que les suppléments ne sont pas totalement dépourvus d’effets indésirables. Les suppléments de calcium peuvent provoquer des troubles digestifs tels que la constipation, les ballonnements ou les douleurs abdominales. Certaines recherches ont également suggéré une légère augmentation du risque de calculs rénaux, voire de certains événements cardiovasculaires, même si ces données restent discutées.

Les auteurs reconnaissent néanmoins plusieurs limites à leur travail. Une partie des essais inclus concernait des populations présentant un risque relativement faible de fracture ou de chute, avec des taux de vitamine D souvent normaux au départ. De plus, certaines études étaient de courte durée ou incluaient un nombre limité de participants. Enfin, il n’était pas toujours possible de contrôler précisément la prise de suppléments en dehors du protocole de recherche, ce qui pourrait avoir réduit les différences observées entre les groupes.

→ En conclusion, cette méta-analyse suggère que le calcium seul, la vitamine D seule ou leur association procurent peu ou pas de bénéfices pour prévenir les fractures et les chutes dans la population générale adulte. Même lorsque des effets statistiquement significatifs sont observés avec la combinaison calcium-vitamine D, leur impact clinique apparaît limité.

 

« Calcium, vitamin D, or combined supplementation to prevent fractures and falls: systematic review and meta-analysis »

Article publié le 20 mai 2026 dans BMJ

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1136/bmj-2025-088050

Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Cottonbro studio