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Les légumes occupent une place centrale dans les recommandations nutritionnelles destinées à prévenir les maladies cardiovasculaires et métaboliques. Cependant, ils  n’ont pas les mêmes propriétés nutritionnelles. Certains groupes se distinguent par leur richesse en fibres, en composés antioxydants ou en substances bioactives susceptibles d’influencer la glycémie, le métabolisme lipidique et l’inflammation. Si de nombreuses études ont déjà montré les bénéfices d’une consommation élevée de légumes chez les adultes d’âge moyen ou avancé, peu de travaux se sont intéressés spécifiquement aux jeunes adultes.

Les chercheurs se sont appuyés sur les données d’une cohorte australienne. Leur objectif était d’évaluer les liens entre la consommation de différents groupes de légumes et le risque cardiométabolique chez de jeunes adultes âgés d’environ 22 ans.

Pour réaliser cette analyse, les chercheurs ont étudié les données de 638 participants. L’alimentation a été évaluée à l’aide d’un questionnaire alimentaire détaillé portant sur les habitudes de consommation au cours des douze mois précédents. Les légumes ont ensuite été répartis en cinq catégories : les légumes crucifères (brocoli, chou, chou-fleur, choux de Bruxelles), les légumes verts à feuilles (salade, épinards), les légumineuses (pois, haricots, soja), les légumes alliacés (ail, oignon, poireau) et les légumes jaunes, orange et rouges (carottes, tomates et poivrons, citrouille).

Le risque cardiométabolique a été évalué à partir de plusieurs indicateurs reconnus : tour de taille, pression artérielle, glycémie à jeun, triglycérides et taux de HDL-cholestérol. Les participants présentant au moins deux facteurs de risque dépassant les seuils définis par la Fédération Internationale du Diabète ont été classés dans le groupe à risque élevé. Au total, 19 % des participants entraient dans cette catégorie.

Les premiers résultats ont mis en évidence des différences selon le sexe. Chez les hommes, les participants présentant un faible risque cardiométabolique consommaient davantage de légumineuses que ceux appartenant au groupe à risque élevé. Chez les femmes, ce sont les légumes crucifères et les légumes verts à feuilles qui étaient davantage consommés par les participantes présentant le meilleur profil métabolique.

Après prise en compte de nombreux facteurs confondants (notamment l’activité physique, le tabagisme, le niveau d’éducation, les apports énergétiques et la qualité globale de l’alimentation), certaines associations sont restées significatives. Chez les hommes, chaque portion quotidienne supplémentaire de 75 grammes de légumineuses était associée à une diminution de 72 % du risque de présenter un profil cardiométabolique défavorable. Chez les femmes, une portion supplémentaire de 75 grammes de légumes crucifères était associée à une réduction de près de 85 % du risque cardiométabolique.

En revanche, aucune association significative n’a été observée pour la consommation totale de légumes. De même, les légumes alliacés, les légumes jaunes-orange-rouges et les légumes verts à feuilles n’ont pas d’effet statistiquement significatif après. Ces résultats suggèrent que la qualité et le type de légumes consommés pourraient être plus importants que la quantité totale ingérée.

Les auteurs avancent plusieurs mécanismes biologiques pour expliquer ces observations. Les légumineuses sont particulièrement riches en fibres, flavonoïdes et saponines. Ces composés contribuent à améliorer le contrôle glycémique, à réguler les lipides sanguins et à réduire le stress oxydatif. Une portion de 75 grammes de légumineuses fournit jusqu’à un tiers des apports quotidiens recommandés en fibres. Les légumes crucifères, quant à eux, contiennent des glucosinolates et des composés soufrés. Ces molécules semblent capables d’influencer le métabolisme énergétique, de réduire l’inflammation chronique, d’améliorer la sensibilité à l’insuline et de favoriser une meilleure gestion du poids corporel.

→ En conclusion, cette étude suggère que certains légumes pourraient jouer un rôle particulièrement important dans la prévention précoce des troubles cardiométaboliques. Ces résultats renforcent l’idée que tous les légumes n’exercent pas les mêmes effets sur la santé et qu’une approche nutritionnelle fondée sur la diversité des végétaux pourrait être plus pertinente qu’une simple augmentation de la consommation globale de légumes.