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Les recommandations nutritionnelles constituent un outil important de santé publique. Aux États-Unis, les nouvelles Dietary Guidelines for Americans (DGA) 2025–2030 ont introduit plusieurs changements, avec notamment une place plus importante accordée aux protéines, y compris d’origine animale, et aux produits laitiers entiers, tout en recommandant de limiter les aliments très transformés, les sucres ajoutés et l’alcool.
Une étude publiée dans Clinical Nutrition a cherché à comparer les nouvelles recommandations américaines au régime méditerranéen traditionnel, davantage centré sur les aliments végétaux, le poisson et l’huile d’olive.

Les chercheurs ont utilisé les données du projet SUN, une cohorte prospective espagnole, lancée en 1999 et composée de diplômés universitaires. L’analyse a porté sur 17 855 participants, âgés en moyenne de 37,2 ans au début du suivi. L’alimentation a été évaluée grâce à un questionnaire de fréquence alimentaire validé comprenant 136 aliments. À partir de ces données, les chercheurs ont calculé deux scores. Le premier évaluait dans quelle mesure l’alimentation des participants correspondait aux nouvelles recommandations américaines 2025–2030. Le second mesurait l’adhésion au régime méditerranéen traditionnel.
Le score américain prenait notamment en compte les sources de protéines, les produits laitiers, les fruits et légumes, les matières grasses, les céréales complètes, les produits ultra-transformés, les sucres ajoutés, l’alcool et le sodium. Le score méditerranéen valorisait notamment les légumes, les légumineuses, les fruits et fruits à coque, les céréales, le poisson ainsi qu’un rapport élevé entre acides gras mono-insaturés et saturés.
Après un suivi médian de 14,3 ans, 525 décès ont été enregistrés, dont 272 liés à un cancer et 94 à une maladie cardiovasculaire. Après ajustement pour de nombreux facteurs susceptibles d’influencer les résultats, les chercheurs n’ont pas trouvé d’association statistiquement significative entre une forte adhésion aux recommandations américaines 2025–2030 et la mortalité. Pour le régime méditerranéen, une forte adhésion était associée à une mortalité toutes causes confondues relativement plus faible de 32 % par rapport à une faible adhésion. Une association inverse était également observée pour la mortalité par cancer, ainsi que pour la mortalité cardiovasculaire.
Les chercheurs ont également étudié séparément les différentes composantes des recommandations américaines. Limiter les viandes transformées à moins de deux consommations par semaine était associé à une mortalité toutes causes confondues plus faible. Une grande variété de fruits et légumes était également associée à une mortalité plus faible, tout comme le fait d’atteindre les objectifs de consommation de fruits et légumes.
La principale limite de cette étude est que les participants n’ont pas suivi à partir de 1999 des recommandations publiées en 2026. Les chercheurs ont construit rétrospectivement un score afin d’évaluer dans quelle mesure leurs habitudes alimentaires correspondaient aux nouvelles recommandations. De plus, six recommandations des DGA n’ont pas pu être intégrées en raison des limites du questionnaire alimentaire utilisé.
→ En conclusion, dans cette cohorte espagnole, une forte adhésion aux recommandations américaines 2025–2030 n’était pas significativement associée à une diminution de la mortalité totale, cardiovasculaire ou par cancer. À l’inverse, une meilleure adhésion au régime méditerranéen était associée à une mortalité plus faible pour ces trois critères. Cette étude apporte donc des éléments intéressants pour comparer différents modèles nutritionnels, mais elle ne constitue pas un essai direct des nouvelles recommandations américaines.
« Adherence to the 2025–2030 dietary guidelines (DGA) and risk of all-cause and cause-specific mortality: A prospective analysis in a middle-aged cohort »
Article publié le 2 septembre 2026 dans Clinical Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1016/j.clnu.2026.106779
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pixabay. Crédit : Daniela Elena Tentis