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Il existe une multitude de régimes permettant de perdre du poids. Néanmoins, dans 50 à 70 % des cas, le poids perdu est repris dans les 3 à 5 ans. Afin d’éviter ce genre de situation, il est important de continuer à suivre un régime adapté ainsi qu’une activité physique régulière.

La viande rouge, source de protéines et d’acides aminés essentiels, a fait l’objet d’un grand nombre d’études ces dernières années. Malgré les associations multiples avec des risques d’obésité, de diabète ou de maladies cardio-vasculaires, des études tentent de prouver le contraire dans certaines situations. En effet, les risques associés à la viande rouge dépendent de plusieurs paramètres tels que la qualité de la viande (transformée ou non, maigre ou grasse) ou le public étudié. Ainsi, une précédente étude a déjà démontré que la consommation de viande rouge non transformée entre 15 et 150 g/jour dans un régime sain n’induisait pas d’effets négatifs sur le poids et les risques cardio-vasculaires.

L’objectif de cet essai randomisé est d’analyser l’effet de la consommation de viande rouge (bœuf, partie maigre) non transformée, dans une alimentation saine et libre, sur le maintien du poids après une perte de poids. L’objectif secondaire était évidemment de visualiser l’impact de la supplémentation en viande sur les paramètres métaboliques des volontaires. Pour cela, deux conditions expérimentales ont été définies : la première correspond à une faible consommation de viande rouge (25g/j) et la deuxième à une consommation plus élevée que la moyenne (150g/jour). 69 sujets en surpoids ou obèses entre 18 et 65 ans ont ainsi été retenus et divisés dans les deux groupes expérimentaux. L’étude a duré 5 mois : pendant les deux premiers mois, les volontaires ont suivi un régime destiné à leur faire perdre du poids. Pendant les trois suivants, l’objectif était donc de tester le maintien de ce poids avec l’une ou l’autre supplémentation en viande.

Premièrement, les résultats obtenus ne donnent pas de différence significative sur les paramètres étudiés (poids corporel, fonction métabolique) entre les participants ayant consommé 25g/jour ou 150g/jour de viande rouge non transformée lors de la phase de maintien du poids. Ainsi, une consommation supérieure à la moyenne, dans ces conditions, ne semble pas avoir d’effets indésirables sur le poids et la fonction métabolique par rapport à une faible consommation.
Ensuite, certains facteurs de risque cardiométabolique qui avaient diminué lors de la perte de poids sont revenus à leur niveau de base pendant la phase de maintien. D’après les chercheurs, comme il n’y a pas de différence entre les deux niveaux de consommation de viande, cela pourrait plutôt venir de la méthode de perte de poids initiale (régime très hypocalorique).
Enfin, de manière générale, le poids, la teneur moyenne en graisse corporelle, la masse grasse, le tissu adipeux viscéral et le tour de taille ont continué de diminuer pendant la phase de maintien. Cependant, les sujets déclarent avoir consommé moins de calories pendant cette phase pouvant expliquer ce type de résultat.

Pour conclure, la consommation d’une quantité faible ou élevée de viande rouge non transformée, dans une alimentation saine, pour maintenir un poids obtenu lors d’un régime, ne semble pas donner de résultats différents sur le poids corporel et la fonction métabolique au cours des trois premiers mois. Il est toutefois nécessaire de garder en tête qu’en général le poids est repris dans les 3 à 5 ans, une étude plus longue pourra donc avoir un intérêt pour confirmer ces résultats.

 

Unprocessed red meat in the dietary treatment of obesity: a randomized controlled trial of beef supplementation during weight maintenance after successful weight loss

Article publié le 28 octobre 2022 dans The American Journal of Clinical Nutrition

Lien (open access) : https://doi.org/10.1093/ajcn/nqac152