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Publiée le 15 juin 2026, la version 4 de la Recommandation ARPP « Comportements alimentaires » demeure le principal référentiel déontologique applicable à la publicité alimentaire en France. Sans avoir la valeur juridique d’un règlement, elle constitue une référence importante pour l’ARPP lors de l’examen des campagnes publicitaires et pour le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP).
Son objectif est de s’assurer que les communications commerciales ne favorisent pas des comportements contraires aux recommandations de santé publique, notamment celles du Programme National Nutrition Santé (PNNS).
Une appréciation globale du message
La recommandation ne se limite pas aux allégations ou aux mentions présentes dans la publicité. Elle s’intéresse à l’impression d’ensemble produite sur le consommateur.
Ainsi, une publicité ne doit pas :
- encourager une consommation excessive ;
- banaliser la surconsommation ou le grignotage permanent ;
- laisser entendre qu’un produit peut remplacer une alimentation variée et équilibrée ;
- dénigrer les comportements favorables à la santé ou à l’activité physique.
Les portions, les fréquences de consommation et les mises en scène doivent rester cohérentes avec les usages alimentaires habituels. L’objectif n’est pas d’interdire les produits gourmands ou festifs, mais d’éviter les représentations susceptibles de normaliser les excès alimentaires.
Le grignotage explicitement intégré
La version 4 introduit plus clairement la notion de grignotage. Les communications ne doivent pas suggérer qu’il est souhaitable de consommer un produit en continu tout au long de la journée ou en dehors des repas et collations habituels.
Cette disposition concerne particulièrement les produits de snacking, les boissons, les confiseries ou les produits destinés à une consommation nomade.
Une protection renforcée des enfants
Les enfants restent un public particulièrement protégé. Les publicités ne doivent pas exploiter leur crédulité ni créer de pression sociale autour de la consommation d’un produit. Sont notamment visées :
- les scènes de consommation excessive ;
- l’association systématique entre alimentation et récompense ;
- les messages laissant entendre qu’un produit est nécessaire pour être accepté par ses pairs ;
- les situations associant directement consommation et réussite sociale.
Sport et alimentation : éviter les raccourcis
L’association entre alimentation et activité physique reste possible, mais la publicité ne doit pas laisser croire qu’un produit :
- compense les effets d’une alimentation déséquilibrée ;
- remplace l’activité physique ;
- dispense d’un mode de vie sain.
La version 2026 renforce ainsi la cohérence attendue avec les messages de santé publique relatifs à l’activité physique quotidienne.
L’intégration des enjeux de durabilité
La principale nouveauté de cette version concerne la prise en compte plus explicite des enjeux environnementaux. Les communications ne doivent pas dévaloriser les comportements contribuant à une alimentation plus durable, notamment ceux liés :
- à la saisonnalité ;
- à la biodiversité ;
- aux modes de production plus respectueux de l’environnement ;
- aux démarches favorisant une consommation plus responsable.
Le gaspillage alimentaire
La recommandation intègre également la question du gaspillage alimentaire. Les publicités doivent éviter de présenter de manière positive, humoristique ou valorisante :
- le jet de denrées encore consommables ;
- la destruction volontaire d’aliments ;
- les comportements incompatibles avec les objectifs de réduction du gaspillage alimentaire.
L’objectif n’est pas d’imposer des messages anti-gaspillage, mais d’éviter toute banalisation de ces pratiques.
Nutri-Score et information nutritionnelle
Lorsqu’un Nutri-Score ou un autre système d’information nutritionnelle apparaît dans une publicité, y compris sur un emballage simplement visible à l’écran, sa présentation doit respecter les règles de lisibilité définies par l’ARPP afin de garantir une information claire et accessible au consommateur.