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Au fur et à mesure des preuves incriminantes contre les aliments ultra-transformés, d’aucuns pourraient se demander si les recommandations nutritionnelles évolueront en conséquence. Bien que plusieurs scores, et en particulier le score NOVA, soient très médiatisés, la plupart des consommateurs ont encore en tête des recommandations basées essentiellement sur les nutriments : certains à éviter, d’autres à privilégier.

Cette étude australienne a scruté à la loupe les recommandations nutritionnelles de plusieurs pays dans le monde. Pour ce faire, c’est le site de la FAO qui a été consulté, et qui répertorie, pour chaque pays, une « fiche » avec les dernières recommandations en vigueur. La classification NOVA a été utilisée pour analyser les aliments ou catégories d’aliments dont la consommation serait soit recommandée, ou au contraire découragée par ces mêmes recommandations. Plus en détails, les chercheurs ont analysé les termes et les tournures de phrases de ces recommandations, pour vérifier l’adéquation avec une approche « holistique » prônée par les fondateurs de la classification NOVA : l’objectif est donc de voir si les recommandations sont globalement orientées sur les nutriments, ou bien si les aliments dans leur ensemble ont tendance à être mis en avant.

Au total, ce sont 106 pays du monde qui ont été analysés, avec au passage une barrière linguistique conduisant à une analyse quasi-exclusive de pays anglophones : en effet, les recommandations nutritionnelles sont très souvent rédigées dans la langue du pays correspondant. Sans grande surprise, la très grande majorité des recommandations nutritionnelles (99%) mettent en avant des nutriments, en encourageant leur consommation pour certains, mais pas pour d’autres. Bien sûr, le fait de décourager la consommation d’aliments gras, salés et/ou sucrés conduit dans une certaine mesure à décourager la consommation de certains aliments ultra-transformés (43% des recommandations) ; inversement, la promotion d’aliments peu transformés, comme les fruits et les légumes, est fréquemment retrouvée (75% des recommandations). Les auteurs notent tout de même un certain nombre de recommandations (45%) faisant explicitement référence au degré de transformation des aliments, en décourageant leur consommation.

Malgré ce chiffre de 45%, les auteurs estiment que les recommandations sont essentiellement basées sur les nutriments, et non sur le degré de transformation. Ce résultat était d’attendu : d’abord parce que la notion d’aliment ultra-transformé est relativement récente, et ensuite parce que les recommandations nutritionnelles ont toujours été historiquement basées sur les nutriments.

Du fait de la barrière de la langue, les recommandations nutritionnelles françaises n’ont pas été analysées. Ceci est d’importance, car le PNNS établi en 2018 fait explicitement référence aux aliments ultra-transformés, avec un objectif de diminution de 20% de leur consommation.

 

Representations of Ultra-Processed Foods: A Global Analysis of How Dietary Guidelines Refer to Levels of Food Processing.

Article publié le 16 janvier 2022 dans The International Journal of Health Policy and Management

Lien (open access) : https://doi.org/10.34172/ijhpm.2022.6443