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Céline Le Stunff. D’après la conférence FFAS de mars 2018 et l’article de RIA de nov. 2018

Parmi les conseils nutritionnels, l’un des plus entendus est peut-être celui de « manger varié et équilibré ». Mais comment appréhende-t-on la diversité ? Le Pr. Mariotti a apporté son éclairage lors de la conférence « La diversité alimentaire : comment la mesure-t-on ? Quel lien avec la santé ? » organisée par le FFAS en mars 2018.

S’il s’agit essentiellement de compter les consommations alimentaires, il existe de très nombreuses variantes (Ruel 2003) : on peut comptabiliser le nombre d’aliments consommés (la « variété ») ou le nombre de groupes ou de sous-groupes d’aliments (la « diversité »), ou encore adopter des modes de calcul plus complexes, par exemple en comptant les sous-groupes consommés pondérés par leur nombre dans chaque groupe et le nombre de groupes (Haines et al. 1999).

On peut compter sur des périodes de référence différentes (1-2 jours, 7 jours…) et selon différentes structurations alimentaires : des groupes identifiés pour leur proximité culturelle, nutritionnelle, économique, ou encore selon des groupes identifiés comme contribuant à l’équilibre alimentaire (Martin-Prevel et al. 2015 ; Habte et Krawinkel 2016). Enfin, on peut seulement compter la présence d’une consommation ou l’indexer en portions vis-à-vis de références de consommation… (Kant et al. 1991).

Pour ce qui concerne les relations entre la diversité et la santé, la vision a considérablement évolué depuis les premières études. Ainsi, aux États-Unis, Kant et coll., en utilisant un score de diversité global en 5 groupes, ont pu associer une moindre diversité de la consommation au début de la décennie 1970 à une plus forte mortalité (Kant et al. 1993).

Cependant, les résultats plus récents n’ont pas confirmé de telles relations : dans les pays industrialisés, la santé métabolique et la morbidité sont prédites par les scores de qualité de l’alimentation mais pas par les scores de diversité (de Oliveira Otto et al. 2015 ; Fung et al. 2018). Ainsi, ces résultats ne corroborent pas l’idée que « manger de tout avec modération » entraîne une meilleure qualité de l’alimentation ou une meilleure santé (de Oliveira Otto et al. 2015).

Dans la population française, une plus forte diversité alimentaire est associée positivement aux excès d’apports en nutriments dont la consommation doit être limitée. Ceux qui ont l’alimentation la plus diversifiée ont aussi la plus forte consommation de produits sucrés (Bianchi et al. 2016). La variété de l’offre favoriserait la surconsommation de manière générale et donc le déséquilibre alimentaire quand les produits énergétiquement denses et de mauvaise qualité dominent l’offre (Hetherington et al. 2006 ; Remick et al. 2009).

Pour le Pr. Mariotti, il apparaît donc que la diversité alimentaire n’est pas un bon indice de la qualité des régimes dans les pays industrialisés, et probablement en est-il aussi de même dans les populations des pays en voie de développement, qui sont en transition alimentaire.

 

Références :

► Dossier participants de la Conférence FFAS du 20 mars 2018 « La diversité alimentaire : Comment la mesure-t-on ? Quel lien avec la santé ? »
► RIA. La diversité alimentaire décodée.15 nov. 2018.