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La maladie de Parkinson est principalement caractérisée par des troubles moteurs, qui affectent les muscles et la qualité de vie des patients de manière significative. Cependant, d’autres aspects de la maladie de Parkinson sont moins connus, comme les troubles gastro-intestinaux. On estime d’ailleurs que 80% des malades sont sujets à des troubles gastro-intestinaux comme la constipation, caractérisée par un temps de transit plus long que la normale. En réalité, plusieurs études ont suggéré que les troubles gastro-intestinaux précédaient la mise en place de la maladie de Parkinson : la constipation peut représenter un risque accru de maladie de Parkinson. Des études ont également montré, aux tous premiers stades de la maladie, une perméabilité intestinale accrue. Le tractus gastro-intestinal, et en particulier le microbiote, peut donc s’avérer une cible d’intérêt.

Cette review se propose donc de faire le point sur les éventuelles différences de composition du microbiote intestinal entre des personnes saines, et des malades de Parkinson. 13 études cliniques ont été retenues dans cet article, et montrent que la diversité du microbiote n’est pas altérée chez les malades de Parkinson. Néanmoins, il semble moins y avoir de bactéries productrices de butyrate, un des acides gras à chaîne courte classiquement produits par le microbiote.

Toutes les études considérées sont cependant des études cas-témoins, qui possèdent donc de forts biais. Même si l’hypothèse d’une barrière intestinale altérée et d’un manque de butyrate peut sembler scientifiquement cohérente, ces études ne montrent pas de mécanisme d’action plausible. Il faut donc attendre des études épidémiologiques de suivi, ou des études cliniques de supplémentation en post-biotiques, pour vérifier l’hypothèse d’un manque de butyrate.

 

Gut microbiota differences between healthy older adults and individuals with Parkinson’s disease: A systematic review.

Review publiée dans le volume de mai 2020 de Neuroscience & Biobehavioral Reviews.

Lien (souscription requise) : https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2020.02.003

 

Crédits d’image : https://www.pxfuel.com/