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Crédits d’image : www.needpix.com

Le lait maternel n’a pas encore dévoilé tous ses mystères. Sa composition est extrêmement complexe, et pas seulement en termes de nutriments bénéfiques pour le nourrisson. D’autres composants pouvant avoir d’importants rôles physiologiques sont potentiellement à découvrir. Dans ces conditions, l’allaitement maternel est préconisé dans de nombreuses recommandations.

Des chercheurs de la Harvard Medical School (Boston, USA) se sont ainsi penchés sur la capacité du lait maternel à protéger le nourrisson des infections. L’implication du microbiote intestinal a également été étudiée. Des souris mutantes, incapables de produire des immunoglobulines G, ont été utilisées. Deux groupes ont été utilisés : soit ces souris ont été élevées par des mères également déficientes en immunoglobulines G, soit par des mères non mutantes.

La capacité à être infecté par E. coli a été utilisée pour mesurer la résistance à l’infection. Les souris mutantes élevées par des mères normales ont une plus grande capacité à se défendre contre les infections d’E. coli que les souris mutantes élevées par les mères mutantes. Fait intéressant : c’est grâce à une entérobactérie (Pantoea), retrouvée naturellement dans le microbiote intestinal des Mammifères en général, que la production d’anticorps maternels a pu se faire. Ces anticorps passent par le lait, mais aussi à travers le placenta.

Ces résultats permettent de comprendre pourquoi le nourrisson, bien qu’ayant un système immunitaire immature et n’ayant jamais été exposé à certaines bactéries, est capable de se défendre contre de telles infections. Les diarrhées infectieuses, causées notamment par E. coli, font chaque années 520 000 morts par an, et représentent la deuxième cause de mortalité et de dénutrition chez les enfants de moins de 5 ans, selon l’OMS.

 Article publié le 8 janvier 2020 dans Nature.

Lien de l’article (souscription requise) : https://doi.org/10.1038/s41586-019-1898-4