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Céline Le Stunff. D’après agriculture.gouv.fr, juin 2013

L’objectif de cette étude était d’analyser l’impact carbone de l’alimentation en fonction de sa qualité nutritionnelle. Les participants à l’enquête nationale INCA2 ont été répartis en 4 classes selon la qualité nutritionnelle de leur alimentation, celle-ci étant définie par comparaison à la médiane des trois critères suivants : densité énergétique, MAR (Mean Adequacy Ratio, pourcentage moyen des apports nutritionnels conseillés pour 20 nutriments essentiels), et MER (Mean Excess Ratio, pourcentage moyen des valeurs maximales recommandées pour 3 nutriments à limiter).

Par ailleurs, l’impact carbone de l’alimentation de chacun des individus a été estimé à partir de l’impact carbone de 73 aliments couramment consommés. La part des produits végétaux (fruits et légumes notamment) était d’autant plus forte et celle des produits sucrés et salés d’autant plus faible, que la qualité nutritionnelle de l’alimentation était élevée.

Après ajustement pour les apports énergétiques, l’impact carbone de l’alimentation était d’autant plus élevé que la qualité nutritionnelle était élevée également (+ 4 % et + 17 % de CO2 e/j entre classe 1 et classe 4, chez les hommes et les femmes respectivement).

Contrairement à ce qui est couramment admis, ces résultats suggèrent qu’une alimentation en accord avec les recommandations nutritionnelles n’a pas nécessairement un faible impact carbone. Ceci ne signifie pas qu’il soit impossible d’avoir une alimentation équilibrée et peu impactante pour l’environnement, mais témoigne qu’aujourd’hui, en France, les personnes qui ont l’alimentation la plus proche des recommandations nutritionnelles ne sont pas nécessairement celles dont l’alimentation a le plus faible impact carbone. Ceci est dû, d’une part au fait que la consommation totale de viande ne varie pas entre les 4 classes de qualité nutritionnelle, et d’autre part au fait que ceux qui mangent mieux sur le plan nutritionnel, ingèrent des quantités d’aliments plus importantes, bien que leurs apports énergétiques soient plus faibles que ceux qui ont une alimentation déséquilibrée, et bien qu’ils consomment des aliments de plus faible impact carbone par unité de poids.

Référence : Vieux F, Soler LG, Touazi D, Darmon N. Impact carbone et qualité nutritionnelle de l’alimentation en France. NESE n° 37, Janvier-Juin 2013, pp. 185-197