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Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs, fèves ou encore pois cassés) sont régulièrement associées à une amélioration de la qualité nutritionnelle des régimes alimentaires et à une réduction du risque de nombreuses maladies chroniques. Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande leur consommation au moins deux fois par semaine et la récente Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) réaffirme leur importance dans les enjeux de santé et de durabilité.
Pourtant, les données récentes sur leur consommation faisaient défaut. L’étude Nutrimétrie 2024, menée auprès de 2 200 adultes représentatifs de la population française, apporte un éclairage inédit sur la place réelle des légumineuses dans l’alimentation des Français.

Les participants ont renseigné pendant trois jours l’ensemble des aliments et boissons consommés dans un carnet alimentaire détaillé. Les données ont ensuite été analysées selon deux approches complémentaires. La première repose sur la nomenclature INCA et comptabilise les aliments tels qu’ils sont déclarés. La seconde va plus loin en décomposant les recettes et plats composés afin de réattribuer les ingrédients à leurs familles alimentaires respectives. Cette seconde approche est particulièrement pertinente pour les légumineuses, souvent présentes dans des soupes, plats préparés, alternatives végétales ou produits à base de soja, et qui pourraient être sous-estimées dans une analyse classique.
Les résultats montrent que seulement 13 % des adultes ont consommé des légumineuses au moins une fois au cours des trois jours de suivi. En moyenne, les Français consomment donc des légumineuses environ une fois toutes les deux semaines. La consommation annuelle moyenne est estimée à 1,6 kg par personne. L’étude souligne que pour atteindre les recommandations nutritionnelles retenues dans le cadre de l’analyse, soit environ deux portions hebdomadaires de 50 g, une consommation annuelle proche de 5 kg par personne serait nécessaire. Parmi les différentes légumineuses étudiées, les lentilles apparaissent comme les plus consommées, devant les pois chiches. L’analyse des formats révèle également une prédominance très nette des conserves, qui représentent près de la moitié des volumes consommés, soit environ 0,7 kg par personne et par an. Les légumineuses intégrées dans les plats préparés, les légumineuses sèches et les soupes représentent des volumes nettement plus faibles. La consommation a lieu très majoritairement à domicile (89 % des volumes), tandis que seulement 11 % sont consommés hors domicile.
L’étude met en évidence plusieurs facteurs associés aux niveaux de consommation. L’âge influence significativement les quantités consommées. Les consommations les plus faibles sont observées chez les 18-34 ans et les 45-64 ans (1,4 kg/an), tandis que les 35-44 ans et les 65-79 ans atteignent 1,9 kg/an. Les auteurs soulignent également des différences dans les modes de consommation. Chez les 65-79 ans, les légumineuses sont davantage consommées sous leur forme traditionnelle, tandis que chez les 35-44 ans, elles proviennent plus souvent de plats préparés, de soupes ou d’alternatives végétales.
La composition du foyer semble également jouer un rôle. Les adultes vivant avec des enfants consomment environ 1,2 kg par an, contre environ 2 kg pour les adultes vivant seuls ou en couple sans enfant.
Les cadres affichent les niveaux de consommation les plus élevés avec 2,4 kg par an, tandis que les ouvriers n’atteignent que 0,4 kg par an. L’étude met également en évidence un gradient selon le niveau de diplôme et les revenus du foyer. Les personnes les plus diplômées et les ménages les plus aisés présentent les niveaux de consommation les plus élevés. Enfin, les personnes déclarant suivre un régime sans viande se distinguent nettement avec près de 9 kg de légumineuses consommées par an, soit environ dix fois la moyenne nationale. Enfin, il existe des disparités régionales, ainsi, les personnes résidant en Bretagne et dans les Pays de la Loire consomment en moyenne 2,4 kg de légumineuses par an, alors que les habitants du Nord n’en consomment que 0,4 kg/an/personne.
Selon les calculs réalisés dans le cadre de l’étude, seuls 1 % des adultes atteignent le repère de deux portions hebdomadaires. Trois pour cent consomment entre une et deux portions par semaine, tandis que 96 % en consomment moins d’une. Ces résultats montrent que les légumineuses demeurent aujourd’hui un aliment relativement marginal dans les habitudes alimentaires françaises malgré leur place croissante dans les recommandations officielles.
« Consommation de légumineuses des Français : résultats de l’étude Nutrimétrie »
Article publié le 27 mai 2026 par Terres Univia
Lien (article en accès libre) : https://www.terresunivia.fr/l-interprofession/actualites/consommation-de-legumineuses-des-francais-resultats-de-letude-nutrimetrie
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pixabay. Crédit : Ariel Núñez Guzmán