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Améliorer la qualité nutritionnelle des produits tout en réduisant leur impact environnemental constitue un double enjeu pour les entreprises agroalimentaires. Mais quelles marges de progression existent au sein de leurs gammes actuelles ? Une étude publiée dans Nature Food a évalué le potentiel d’amélioration des portefeuilles de 44 entreprises majeures du marché britannique, en ciblant les références les moins performantes.
Les chercheurs ont croisé les données de composition de 15 673 produits, appartenant à 396 marques, avec des données de ventes de 2019. Les entreprises étudiées représentaient 51,5 % du marché britannique des aliments et boissons emballés. La qualité nutritionnelle a été évaluée à partir du modèle britannique de profilage nutritionnel, tandis qu’un indicateur environnemental combinait les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation des terres et de l’eau et l’eutrophisation. Ces indicateurs, calculés pour 100 g, ont ensuite été agrégés en tenant compte de la valeur des ventes.

L’analyse révèle des écarts importants entre entreprises d’une même catégorie, mais aussi entre produits d’une même entreprise. Dans les plats préparés, par exemple, la diversité des recettes, notamment leur composition végétale ou carnée, explique une partie des différences environnementales. Pour les yaourts, les variations nutritionnelles sont notamment liées aux teneurs en sucres et en matières grasses, les références proches de desserts présentant souvent des profils moins favorables.
Les auteurs ont ensuite simulé une amélioration progressive des produits prioritaires, en leur attribuant les scores médians de leur catégorie au sein de l’entreprise. Il ne s’agissait donc pas de remplacer des biscuits par des fruits, mais d’améliorer les performances des produits à catégorie constante. En modifiant 10 % des références, 27 entreprises pourraient réduire leur indicateur environnemental global de plus de 5 %, dont cinq de plus de 20 %. Sur le plan nutritionnel, 25 entreprises pourraient améliorer leur score de plus de 1 %, dont deux de plus de 4 %. Les gains potentiels apparaissent concentrés sur une partie des gammes : modifier au maximum 10 % des références permettrait d’atteindre au moins la moitié du potentiel d’amélioration nutritionnelle modélisé pour 17 entreprises, et plus de la moitié du potentiel environnemental pour 12 entreprises. Toutefois, privilégier uniquement l’un des deux objectifs pourrait réduire les bénéfices obtenus sur l’autre, voire dégrader ses performances dans certains cas.

Ces résultats restent issus d’une modélisation, sans validation de la faisabilité des reformulations ni de leur acceptabilité par les consommateurs. Les données datent de 2019, les ventes ne sont pas disponibles à l’échelle de chaque référence et l’évaluation environnementale exclut la transformation, le transport et le stockage.
L’étude suggère néanmoins qu’un ciblage des produits les moins performants pourrait aider à prioriser les évolutions de gamme. Les auteurs soulignent que ces ajustements resteraient insuffisants pour atteindre, à eux seuls, les objectifs plus larges de transition alimentaire.
« Large nutritional and environmental improvements can be achieved across the product portfolios of major UK food and beverage manufacturers»
Article publié le 16 septembre 2026 dans Nature Food
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1038/s43016-026-01420-2
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Esra Erdem