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Après plusieurs années de travaux et d’expérimentations, l’affichage environnemental des produits alimentaires entre dans une nouvelle phase. Depuis le printemps 2026, un « coût environnemental », aussi appelé score d’impact environnemental, commence à apparaître sur certains produits alimentaires.
Développé par l’ADEME et le ministère en charge de la Transition écologique, le dispositif vise à rendre compte des impacts environnementaux associés à un aliment au moyen d’un score exprimé en points d’impact.
Contrairement au Nutri-Score, il ne s’agit pas d’une classification par lettres ou par couleurs : plus le nombre de points est élevé, plus l’impact environnemental du produit est considéré comme important.
La méthode de calcul applicable au secteur alimentaire a été stabilisée le 13 mai 2026. L’affichage reste à ce stade volontaire et peut être utilisé à l’initiative des entreprises.

Une approche fondée sur l’ensemble du cycle de vie de l’aliment
Le score repose sur une approche d’analyse du cycle de vie (ACV). L’objectif n’est pas de mesurer uniquement l’empreinte carbone ou l’impact de l’emballage, mais de prendre en compte les principales pressions environnementales générées tout au long de la vie du produit.
Pour les denrées alimentaires, cinq grandes étapes sont intégrées :
– les ingrédients ;
– la transformation ;
– les emballages ;
– la distribution ;
– la consommation.
La méthode prend en compte des impacts associés à la consommation d’énergie et d’eau, aux émissions de gaz à effet de serre, à l’utilisation des ressources naturelles, aux différentes formes de pollution ou encore aux pratiques agricoles telles que l’irrigation et l’utilisation de pesticides et d’engrais.
Ces impacts sont regroupés par l’ADEME autour de quatre grands enjeux : le climat, la biodiversité, la santé environnementale et les ressources.
Le Product Environmental Footprint comme socle méthodologique et quatre indicateurs complémentaires français
La méthode développée pour les denrées alimentaires s’appuie sur les indicateurs d’analyse du cycle de vie (ACV) définis au niveau européen dans le cadre du Product Environmental Footprint (PEF). Celui-ci comporte 16 indicateurs environnementaux permettant une évaluation multicritère des impacts.
Pour le secteur alimentaire, la méthode française complète ce socle par quatre indicateurs spécifiques, afin de prendre en compte certaines externalités positives des pratiques agricoles que le PEF n’intègre pas dans sa méthodologie de calcul. L’ADEME cite, entre autres, la biodiversité territoriale, la limitation de la fragmentation des habitats, l’entretien de trames vertes et de zones refuges ou encore la régulation naturelle des ravageurs des cultures.
Quatre éléments, considérés comme des services écosystémiques, viennent ainsi compléter les 16 indicateurs du PEF :
– Les haies, considérées comme des zones de refuge et de biodiversité.
– Les prairies permanentes, considérées comme des zones de refuge et des sources de biodiversité floristique.
– La taille des parcelles, les parcelles de plus petite taille augmentant les zones tampons et la diversité paysagère.
– La diversité territoriale, calculée à partir de l’indice de Simpson. Elle reflète l’intégration des cultures dans des mosaïques paysagères diversifiées, favorables à la biodiversité, ou dans des zones plus homogènes telles que les monocultures.
Pour chacun de ces indicateurs, des valeurs par défaut sont proposées selon le type de production agricole – blé, maïs, tournesol, par exemple – en distinguant actuellement l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. L’ADEME précise que d’autres labels pourront être intégrés ultérieurement.
Ces compléments liés aux services écosystémiques sont convertis en points d’impact puis déduits du score d’impact. Ils peuvent représenter jusqu’à 30 % du score environnemental.
Un résultat exprimé en « points d’impact sur la planète »

À l’issue du calcul, les différents impacts sont agrégés pour obtenir une valeur en points d’impact sur la planète.
La lecture est simple : plus le score est faible, plus l’impact environnemental estimé du produit est faible. À l’inverse, un nombre élevé de points traduit un impact environnemental plus important.
Dans l’exemple d’affichage présenté par l’ADEME, deux valeurs apparaissent : le nombre de points associé au produit et le nombre de points rapporté à 100 g.
La présentation est conçue pour permettre aux consommateurs de comparer les impacts environnementaux des produits à partir d’une information synthétique.
Ecobalyse et Agribalyse au cœur du dispositif
Le calcul s’appuie sur Ecobalyse, outil développé dans le cadre des travaux menés par l’État et l’ADEME sur l’affichage environnemental. L’ADEME indique qu’Ecobalyse propose depuis 2025 une méthode librement accessible permettant aux professionnels de calculer le coût environnemental de leurs produits.
Pour le secteur alimentaire, Ecobalyse s’articule avec Agribalyse, la base de données environnementales de référence pour les produits agricoles et alimentaires.
Agribalyse fournit des données issues de l’analyse du cycle de vie permettant de caractériser les impacts environnementaux des produits alimentaires.
Un dispositif français qui s’inscrit dans des travaux européens
Il n’existe actuellement pas d’affichage environnemental officiel et harmonisé des produits alimentaires à l’échelle de l’Union européenne et l’ADEME présente la France comme le premier pays à mettre en place un tel affichage.
Des travaux sont cependant engagés pour développer une approche commune.
Le projet européen LIFE Eco Food Choice, piloté par l’ADEME, vise à développer une méthodologie de calcul du coût environnemental commune à l’échelle européenne.
La méthode française actuelle repose en partie sur des données moyennes françaises, européennes ou mondiales, sans intégrer de données spécifiques à chaque pays d’origine. Le projet LIFE Eco Food Choice vise à permettre l’utilisation de données spécifiques au pays d’origine, tenant compte par exemple des pratiques agricoles et du transport.