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Les fibres alimentaires jouent un rôle important dans la santé digestive et métabolique. Pourtant, leur consommation reste insuffisante en Europe et en France. L’enrichissement des aliments en fibres pourrait contribuer à combler cet écart, mais certaines fibres utilisées dans les produits alimentaires peuvent provoquer des ballonnements, des gaz ou des douleurs abdominales.

Une étude publiée en 2026 dans Frontiers in Nutrition s’est intéressée à une nouvelle fibre d’avoine à chaîne courte, principalement composée de β-glucanes, conçue pour être plus soluble et moins visqueuse que les fibres d’avoine conventionnelles.
L’objectif de cette étude était d’évaluer la tolérance digestive d’une fibre d’avoine à chaîne courte, appelée scOat Fiber, mais aussi d’explorer ses effets potentiels sur la glycémie.
Cette fibre est obtenue par dépolymérisation du β-glucane d’avoine. Contrairement aux β-glucanes classiques, dont la viscosité est généralement considérée comme importante pour ralentir l’absorption du glucose, cette nouvelle fibre présente une faible viscosité. L’étude a été menée auprès de 63 adultes en bonne santé, répartis en trois groupes consommant quotidiennement 5, 10 ou 20 g de fibre d’avoine pendant 14 jours. La tolérance digestive a été évaluée grâce à un questionnaire validé portant notamment sur les douleurs abdominales, l’indigestion, la diarrhée et la constipation. Pour étudier la réponse glycémique, un sous-groupe de 38 participants a également porté un capteur de glucose en continu. Ils ont consommé à plusieurs reprises une portion standardisée de riz apportant environ 75 g de glucides, permettant aux chercheurs de comparer leur réponse glycémique avant et pendant l’intervention.
Concernant les résultats, la fibre a été globalement bien tolérée aux trois doses étudiées. Les scores globaux de symptômes gastro-intestinaux n’ont pas augmenté au cours des deux semaines. Les effets indésirables rapportés, principalement des gaz, des ballonnements ou de la constipation, étaient généralement légers et transitoires et n’augmentaient pas avec la dose. Un participant a interrompu l’étude en raison de symptômes digestifs, mais les chercheurs n’ont pas pu établir de lien certain avec la fibre. Le score global de symptômes digestifs a diminué dans les groupes consommant 5 et 10 g par jour. Des améliorations ont notamment été observées concernant les douleurs abdominales et la constipation.
Les chercheurs ont également observé des changements de la réponse glycémique. Après deux semaines, le pic de glucose provoqué par le test au riz était significativement plus faible dans les groupes consommant 10 et 20 g de fibres par jour. L’effet était particulièrement marqué avec la dose la plus élevée. Les données recueillies en continu vont dans le même sens. Après deux semaines, le temps passé dans la plage glycémique cible avait augmenté dans les groupes à 10 et 20 g/jour, tandis que la variabilité du glucose avait diminué.
Habituellement, les effets des β-glucanes d’avoine sur la glycémie sont en partie attribués à leur viscosité : ils peuvent former un gel dans le tube digestif, ralentissant la vidange gastrique et l’absorption des nutriments. Or, la fibre étudiée est peu visqueuse. Les auteurs envisagent donc d’autres mécanismes, notamment une action sur certaines enzymes digestives et certains transporteurs du glucose. Ils évoquent également un rôle possible du microbiote intestinal. Des travaux antérieurs ont montré que cette fibre pouvait être fermentée par les bactéries intestinales et entraîner la production d’acides gras à chaîne courte. Ces mécanismes restent toutefois des hypothèses et n’ont pas été directement démontrés par cette étude.
Plusieurs limites importantes existent : l’intervention n’a duré que 14 jours, il s’agissait d’une étude ouverte sans groupe contrôle. L’alimentation et l’activité physique des participants n’étaient pas strictement contrôlées, et certains facteurs comme leur consommation habituelle de fibres n’ont pas été pris en compte.
→ En conclusion, cette étude pilote suggère qu’une fibre d’avoine à chaîne courte peut être consommée jusqu’à 20 g par jour avec une bonne tolérance digestive chez des adultes en bonne santé. Après deux semaines, les doses de 10 et 20 g/jour étaient également associées à plusieurs améliorations de paramètres glycémiques, avec notamment une diminution du pic de glucose après un repas standardisé.
« Short-chain oat fiber improves gastrointestinal tolerance and regulates glucose metabolism: a two-week open-label study in healthy adults »
Article publié le 10 juin 2026 dans Frontiers in Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.3389/fnut.2026.1745303
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Pixabay