Cet article est PREMIUM, et nécessite un abonnement payant pour lire la suite

Je m’identifie
Créer mon compte

Créez votre compte dès maintenant puis contactez-nous pour accéder aux articles Premium et/ou Lettre Export.

Inscription

Temps estimé - 5 min

La mise à jour de l’algorithme du Nutri-Score en 2023 visait notamment à mieux différencier les aliments selon leur composition nutritionnelle et à renforcer la cohérence du classement avec les recommandations alimentaires. Une étude publiée dans BMJ Public Health a évalué l’algorithme 2023 à partir de produits commercialisés dans 14 pays de l’Union européenne, y compris des pays ne l’ayant pas adopté.

Cette étude transversale repose sur les données de composition de 408 399 produits de marque, recueillies en 2022 et 2023 dans la base Euromonitor. Les chercheurs ont calculé leur classement avec les algorithmes de 2015 et 2023, puis comparé les distributions selon les catégories alimentaires et les pays. L’objectif était d’examiner la cohérence des classifications et leur capacité à refléter les différences de composition des produits.

Les pays étudiés étaient : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque et la Suède. Parmi ceux-ci, seuls l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et l’Espagne l’ont adopté.

Les résultats montrent une concordance globale avec les grandes orientations nutritionnelles. Plus de 90 % des fruits et légumes surgelés et plus de 95 % des légumineuses sèches ou en conserve étaient classés A. À l’inverse, plus de 90 % des confiseries chocolatées et des biscuits sucrés étaient classés D ou E. L’algorithme distinguait également certains produits d’une même famille : 65 % des pains riches en fibres étaient classés A ou B, tandis que 93,8 % des pains raffinés étaient classés C ou D.

Par rapport à la version 2015, l’algorithme 2023 conduisait notamment à des classements moins favorables pour certaines catégories riches en sucres ou en sel, et plus favorables pour certaines huiles végétales. Les différences observées entre pays reflétaient en partie les variations de composition de l’offre, notamment pour les pains et les plats préparés. Ainsi, la proportion de pains riches en fibres variait de 16,5% en Pologne à 53,2% au Danemark. De façon similaire, la proportion de sel dans les plats préparés variait de 0,74 g/100g en Irlande (40,4% de Nutri-Score A/B) à 2,20 g/100g aux Pays-Bas (38,7% de Nutri-Score D/E).

Plusieurs limites doivent toutefois être considérées. La représentativité de la base n’est pas garantie dans chaque pays et certaines catégories de produits frais n’étaient pas couvertes. L’absence de listes d’ingrédients complètes a également nécessité des estimations de teneur en fruits, légumes et légumineuses. E

→ En conclusion, cette analyse soutient ainsi la cohérence du Nutri-Score 2023 à l’échelle de plusieurs marchés européens. Elle porte toutefois sur la classification nutritionnelle des produits et ne mesure ni son effet sur les achats ni ses conséquences sur la santé.

 


« Does the Nutri-Score 2023 algorithm provide consistent classification across European food supplies? A cross-sectional study using branded food composition data from 14 countries »

Article publié le 15 septembre 2026 dans BMJ Public Health

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1136/bmjph-2026-005015