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L’utilisation rapportée de produits au lactate dans le cyclisme professionnel suscite un intérêt croissant en nutrition sportive. Ainsi plusieurs articles ont rapporté son utilisation par les cyclistes professionnels.
Longtemps considéré comme un déchet responsable de la fatigue musculaire, le lactate est en réalité un intermédiaire du métabolisme énergétique. Produit notamment lors de la dégradation du glucose, il peut être transporté entre les cellules et utilisé comme carburant par différents tissus, dont les muscles et le cœur. Il peut également servir à la production de glucose par le foie. Cette circulation, appelée « navette du lactate », contribue à la redistribution des ressources énergétiques dans l’organisme.

L’intérêt potentiel d’une supplémentation repose sur deux mécanismes. Le premier consiste à fournir un substrat énergétique complémentaire aux glucides. Après absorption, le lactate peut être utilisé dans les voies de production d’énergie. Son transport faisant intervenir des voies distinctes de celles du glucose et du fructose, un apport oral pourrait, en théorie, compléter leur utilisation pendant l’effort.
Le second mécanisme concerne l’équilibre acido-basique. Le métabolisme du lactate apporté sous forme de sels, notamment de calcium ou de sodium, peut consommer des ions hydrogène et favoriser une augmentation du bicarbonate sanguin. Celui-ci participe au tamponnement des variations d’acidité associées aux efforts intenses. Un effet favorable sur cet équilibre pourrait donc contribuer à la tolérance à l’effort.
Deux essais publiés en 2024 rapportent des résultats contrastés. Dans une étude pilote randomisée, en double aveugle et croisée, Ewell et ses collaborateurs ont évalué un complément associant des lactates de calcium et de magnésium et de la vitamine D₃ chez 15 adultes pratiquant une activité physique régulière. Les participants recevaient le complément, apportant environ 19 mg de lactate/kg de poids corporel, ou un placebo, 30 minutes avant les tests. La supplémentation n’a modifié ni le pic de consommation d’oxygène, ni les seuils lactiques et ventilatoires. En revanche, la puissance moyenne soutenue pendant un test cycliste de 20 minutes était significativement supérieure avec le complément : 204 contre 197 watts, soit environ 4 % d’amélioration. La perception de l’effort n’était pas différente.
Bordoli et ses collaborateurs ont étudié une situation d’exercice prolongé chez 16 cyclistes masculins entraînés. Dans cet essai randomisé, en double aveugle et croisé, les participants consommaient 120 mg de lactate/kg, sous forme de lactate de calcium, ou un placebo, 70 minutes avant un protocole alternant des périodes d’intensité modérée et des contre-la-montre de 1 et 4 km. Malgré une augmentation du bicarbonate sanguin et une diminution de l’effort perçu, aucune amélioration significative de la performance n’a été observée. Des symptômes gastro-intestinaux ont également été rapportés.
Le lactate exogène reste ainsi une piste à explorer, plutôt qu’une stratégie validée pour l’endurance. Un signal positif existe sur un effort de 20 minutes, mais il n’est pas confirmé dans le protocole prolongé étudié.
Article basé sur les articles suivants :
Pyrene Performance (03/08/2026)
NutraIngredients (03/09/2026)
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Ana Hidalgo Burgos Burgos