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Une nouvelle revue bibliographique publiée en juin 2026 par FoodDrinkEurope rassemble les principaux travaux scientifiques critiquant les systèmes de classification des aliments selon leur degré de transformation, en particulier la classification NOVA. L’analyse s’appuie sur près d’une centaine de publications scientifiques évaluées par les pairs et affirme ne pas avoir financé ni commandité les études citées.

Le document met en avant plusieurs limites méthodologiques relevées dans la littérature scientifique. La première concerne l’absence d’une définition universelle des aliments dits « ultra-transformés ». Selon les auteurs des travaux compilés, les critères de classification restent parfois imprécis, ce qui peut conduire à des interprétations différentes d’un évaluateur à l’autre ou d’un pays à l’autre. La revue souligne également que des aliments présentant des profils nutritionnels très différents peuvent être regroupés dans une même catégorie d’aliments ultra-transformés. À l’inverse, des produits aux compositions nutritionnelles comparables peuvent être classés différemment selon leur procédé de fabrication ou leurs ingrédients, ce qui interroge la cohérence de certaines classifications. Autre point mis en avant : la majorité des études établissant un lien entre consommation d’aliments ultra-transformés et risques pour la santé sont de nature observationnelle. Plusieurs publications citées rappellent que ces travaux ne permettent pas, à eux seuls, d’établir un lien de causalité et que de nombreux facteurs de confusion (qualité globale de l’alimentation, mode de vie, statut socio-économique, etc.) peuvent influencer les résultats.

Le rapport relève également que les effets potentiels sur la santé pourraient davantage être expliqués par certaines caractéristiques nutritionnelles des aliments (densité énergétique, teneur en sel, sucres ou fibres, par exemple) que par le niveau de transformation lui-même. Les auteurs appellent ainsi à poursuivre les recherches afin d’identifier les mécanismes réellement impliqués. Enfin, la synthèse rappelle que plusieurs organismes scientifiques et experts européens ont eux aussi souligné les limites des classifications fondées uniquement sur le degré de transformation. Selon les publications recensées, ces outils ne devraient pas être utilisés isolément pour élaborer des politiques publiques ou guider les recommandations nutritionnelles, sans prise en compte d’autres critères tels que la composition nutritionnelle ou le rôle de l’aliment dans le régime alimentaire.

Au-delà du débat scientifique, cette publication illustre la poursuite des discussions autour de la pertinence des classifications des aliments ultra-transformés. Elle met en évidence le besoin de disposer de méthodes d’évaluation robustes, harmonisées et fondées sur un niveau de preuve élevé pour éclairer les décisions en matière de nutrition et de santé publique. Les auteurs insistent enfin sur la nécessité de poursuivre les travaux afin d’améliorer les connaissances sur les liens entre transformation des aliments, qualité nutritionnelle et effets sur la santé.

 

Source : Scientific critique of ‘ultra-processed foods’ (UPFs) classifications, FoodDrinkEurope, Juin 2026.