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Les FODMAPs correspondent aux saccharides (monosaccharides, disaccharides et oligosaccharides) ainsi qu’aux polyols qui ont la capacité d’être fermentés dans le côlon, par les bactéries peuplant le microbiote intestinal. Bien que ces FODMAPs sont théoriquement source d’acides gras à chaîne courte (SCFA), bénéfiques pour le côlon, les FODMAPs ont surtout été popularisés dans le mauvais sens du terme : d’abord en lien avec les maladies inflammatoires intestinales (par exemple, syndrome du côlon irritable), puis ensuite pour leur capacité à générer des « gaz », et donc un certain inconfort intestinal.

L’étude NutriNet-Santé s’était déjà penchée sur la consommation des FODMAPs en France, et avait communiqué ses résultats (voir notre article, https://foodinnov.fr/consommation-de-fodmaps-en-france-etat-des-lieux-avec-la-cohorte-nutrinet-sante/). A présent, l’objectif des investigateurs de la cohorte française est de voir le lien entre consommation de FODMAPs et risque global de cancer (tous cancers confondus). Cette hypothèse, curieuse à première vue, vient du lien potentiel entre maladies intestinales et risque de cancer : puisque les FODMAPs favoriseraient les maladies intestinales, et que ces dernières pourraient être associées à un risque accru de cancers, il y aurait potentiellement un lien global entre consommation de FODMAPs et risque de cancer. Pour ce faire, les données de près de 105 000 personnes ont été analysées, avec d’une part la consommation de FODMAPs ; et d’autre part, les données médicales permettant de comptabiliser le nombre de cas de cancers au sein de cette cohorte.

Les résultats confirment les hypothèses des chercheurs basées sur la littérature scientifique. Au sein de la cohorte NutriNet-Santé, les forts consommateurs de FODMAPs sont significativement plus à risque (+21%) de risque global de cancer. Les chercheurs sont allés plus loin en différenciant les FODMAPs entre-eux : une association significative est ainsi obtenue avec les oligosaccharides en particulier (+10% de risque de cancer global).

Il s’agit de la toute première étude portant sur le lien entre consommation de FODMAPs et risque de cancer. Bien évidemment, ces résultats demandent à être confirmés non seulement par d’autres études épidémiologiques, mais aussi par des études mécanistiques pour comprendre par quel biais les FODMAPs peuvent favoriser les cas de cancer. Sur ce point précis, les auteurs suggèrent le rôle pro-inflammatoire des FODMAPs, qui peuvent être (trop) rapidement fermentés dans l’intestin.

 

Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides and Polyols (FODMAPs) and cancer risk in the prospective NutriNet-Santé cohort.

Article publié le 29 octobre 2021 dans The Journal of Nutrition.

Lien (accès restreint) : https://doi.org/10.1093/jn/nxab379 (The Journal of Nutrition