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Les fruits occupent une place centrale dans les recommandations nutritionnelles en raison de leur richesse en vitamines, minéraux, fibres et composés antioxydants. Qu’ils soient consommés entiers, sous forme de jus ou de smoothies, les fruits sont généralement regroupés dans une même catégorie. Les auteurs soulignent que la prévalence croissante des maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète ou l’hypertension, rend nécessaire une meilleure compréhension des effets spécifiques des différents modes de consommation des aliments. Si les bénéfices des fruits sont largement documentés, peu d’études ont réellement étudié la forme de consommation des fruits.

L’objectif de cette étude était donc d’examiner si trois formes de consommation étaient associées différemment à plusieurs paramètres de santé, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension, le cholestérol, la santé mentale, la qualité du sommeil, le niveau d’énergie ou encore l’utilisation des soins médicaux.

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont réalisé une étude transversale auprès de 443 adultes âgés de 18 à 65 ans recrutés dans plusieurs zones urbaines de Californie (Etats-Unis). Les participants ont été répartis en quatre groupes :

  • Les consommateurs majoritaires de fruits entiers (entiers ou tranchés dans leur forme solide) (93 sujets),
  • Les consommateurs de jus de fruits (liquide extrait des fruits solides, comprenant aussi les jus pressés à la maison) (97 sujets),
  • Les consommateurs de smoothies à base de fruits (mélanges liquides de fruits solides) (85 sujets),
  • Un groupe consommant peu de fruits (moins d’une portion par jour, quel que soit la forme du fruit) (167 sujets).

Les smoothies retenus dans l’étude étaient exclusivement composés de fruits mixés, sans ajout de sucre, de lait, de yaourt ou d’autres ingrédients. Les jus de fruits devaient également être composés à 100 % de fruits. Les chercheurs ont ensuite recueilli diverses données concernant l’état de santé des participants, leur indice de masse corporelle (IMC), leur consommation de médicaments, leurs consultations médicales ainsi que plusieurs évaluations subjectives du bien-être.

Les consommateurs de smoothies présentaient globalement le profil de santé le plus favorable. Ils affichaient la plus faible prévalence d’hypertension (18,6 %), de maladies cardiovasculaires (3,5 %) et de difficultés de santé mentale (12,8 %). Ils étaient également ceux qui utilisaient le moins de médicaments sur ordonnance pour des maladies chroniques. Les participants consommant principalement des smoothies présentaient aussi l’IMC moyen le plus faible, avec une valeur de 22,71 kg/m², contre 23,87 kg/m² chez les consommateurs de fruits entiers et 28,36 kg/m² chez les consommateurs de jus de fruits. Le groupe « smoothies » rapportait le meilleur état de santé général, les niveaux d’énergie les plus élevés et les niveaux de douleur musculosquelettique les plus faibles. Les consommateurs de fruits entiers obtenaient également des résultats favorables, mais généralement légèrement inférieurs à ceux observés chez les consommateurs de smoothies. À l’inverse, les consommateurs de jus de fruits présentaient plusieurs indicateurs moins favorables. Ils affichaient notamment les taux les plus élevés de cholestérol élevé (39,2 %) et de diabète (58,8 %). Ils rapportaient également la plus mauvaise qualité de sommeil ainsi que les niveaux d’énergie les plus faibles parmi les différents groupes étudiés. Les analyses statistiques ajustées pour différents facteurs de confusion ont confirmé plusieurs de ces associations.

Pour expliquer ces résultats, les auteurs avancent plusieurs hypothèses. Les smoothies conservent les fibres naturellement présentes dans les fruits, contrairement aux jus qui les éliminent en grande partie lors de l’extraction. De plus, le processus de mixage pourrait améliorer la biodisponibilité de certains nutriments et composés bioactifs, facilitant leur absorption par l’organisme. Les chercheurs rappellent également que certains travaux ont montré que les smoothies pouvaient parfois produire une réponse glycémique plus favorable que les fruits consommés entiers, selon les fruits utilisés.

Les auteurs soulignent toutefois que ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Cette étude est de nature observationnelle et ne permet donc pas d’établir un lien de causalité. Il est possible que les personnes consommant régulièrement des smoothies adoptent également d’autres comportements favorables à la santé, comme une meilleure alimentation globale ou une activité physique plus importante. D’ailleurs, le groupe des consommateurs de smoothies présentait la plus forte proportion de personnes pratiquant une activité physique régulière.

→ En conclusion, cette étude suggère que toutes les formes de consommation des fruits ne sont pas nécessairement associées aux mêmes bénéfices pour la santé. Les smoothies à base de fruits apparaissent comme la forme la plus favorable dans cette analyse, tandis que les jus de fruits sont associés à plusieurs indicateurs moins avantageux. Les fruits entiers conservent également un profil globalement positif.

 

« Health associations of various fruit forms: solid fruits, juices, and smoothies »

Article publié le 8 avril 2026 dans Frontiers in Nutrition

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.3389/fnut.2025.1626179

Photos d’illustration issues de la banque d’images Pixabay. Crédit : Brigitte Werner & Penny