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Les produits contenant des édulcorants occupent une place croissante dans l’alimentation. Boissons “light”, sodas “zéro”, yaourts allégés ou desserts sans sucre sont souvent présentés comme des alternatives plus favorables à la santé afin de réduire les apports en sucres et prévenir l’obésité. Pourtant, leur impact réel sur l’alimentation globale reste débattu.
L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre la consommation de produits contenant des édulcorants à faible ou zéro calorie (LCS : low- and no-calorie sweetened products), les apports en sucres libres et la qualité globale de l’alimentation chez les adultes britanniques.

Les chercheurs ont analysé les données de la grande enquête nationale britannique NDNS (National Diet and Nutrition Survey), réalisée entre 2008 et 2019 . Au total, 8 304 adultes âgés de 18 ans et plus ont été inclus dans l’analyse. Les participants devaient enregistrer tous les aliments et boissons consommés pendant quatre jours consécutifs.
Les auteurs ont identifié 140 produits contenant des édulcorants : 53 aliments et 87 boissons. Les participants ont ensuite été répartis en quatre groupes selon leur niveau de consommation : non-consommateurs (0 g/jour), faibles consommateurs (≤ 75,0 g/jour), consommateurs intermédiaires (entre 75 et 216,8 g/jour) et forts consommateurs de produits édulcorés (plus de 216,8 g/jour). L’étude montre qu’en 2008-2009, près de 46 % des adultes britanniques consommaient déjà des produits contenant des édulcorants. Cette proportion est restée relativement stable pendant les onze années de suivi, mais la quantité consommée a augmenté chez les plus gros consommateurs.
Les apports en sucres libres ont diminué progressivement au cours de la période étudiée dans l’ensemble des groupes, y compris chez les non-consommateurs de produits édulcorés. Les chercheurs n’ont pas observé de différence majeure de consommation énergétique totale entre les consommateurs et les non-consommateurs de produits édulcorés.
Cependant, les données mettent en évidence une différence importante concernant la qualité globale de l’alimentation. Les plus gros consommateurs de produits édulcorés présentaient une alimentation davantage composée d’aliments ultra-transformés et consommaient moins d’aliments peu transformés et moins d’eau. L’étude souligne également que la majorité des produits contenant des édulcorants appartiennent eux-mêmes à la catégorie des aliments ultra-transformés selon la classification NOVA. Or, plusieurs travaux scientifiques associent une consommation élevée d’aliments ultra-transformés à un risque accru d’obésité et de maladies cardiométaboliques.
Les recommandations internationales restent partagées concernant les édulcorants. En 2023, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé de ne pas utiliser les édulcorants comme stratégie principale de contrôle du poids ou de prévention des maladies métaboliques. À l’inverse, certaines autorités sanitaires britanniques considèrent qu’elles peuvent aider à réduire les apports en sucres à court terme.
→ En conclusion, cette étude suggère que la consommation de produits contenant des édulcorants ne s’accompagne pas nécessairement d’une alimentation globalement plus saine. Ces résultats soulignent l’importance de ne pas se focaliser uniquement sur la réduction du sucre, mais de considérer la qualité globale de l’alimentation.
« Association of low-calorie sweetened product consumption and intakes of free sugar and dietary patterns in UK adults: a national study from 2008 to 2019 »
Article publié le 14 mai 2026 dans Frontiers in Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.3389/fnut.2026.1797836
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Leeloo The First