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Après la position adoptée par le Parlement européen en octobre 2025, le débat autour des dénominations associées à la viande pour les produits végétaux a franchi une nouvelle étape. Les eurodéputés avaient alors adopté un amendement précisant que les dénominations utilisées pour les produits à base de viande et les préparations de viande doivent être réservées exclusivement aux produits contenant de la viande. Le texte mentionnait explicitement plusieurs exemples de dénominations concernées, parmi lesquelles « steak », « escalope », « saucisse », « burger », « hamburger », mais aussi « jaune d’œuf » et « blanc d’œuf ». Dans cette logique, l’utilisation d’expressions telles que « steak végétal » ou « burger végétal » serait donc interdite (lire notre article).

Dans ce contexte, les discussions entre les institutions européennes se sont poursuivies. Le 5 mars 2026, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen sont ainsi parvenus à un accord politique provisoire visant à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Ce texte, qui modifie notamment le règlement portant organisation commune des marchés agricoles, comporte plusieurs dispositions destinées à améliorer la transparence et la répartition de la valeur entre producteurs, transformateurs et distributeurs. Dans ce cadre, les institutions européennes ont également abordé la question des dénominations utilisées dans la commercialisation des denrées alimentaires.

L’accord prévoit notamment un encadrement plus strict de certains termes traditionnellement associés à la viande. L’objectif affiché est de limiter les risques de confusion pour les consommateurs et de préserver la lisibilité des produits issus de l’élevage. Plusieurs dénominations couramment utilisées dans le secteur de la boucherie – telles que steak, escalope, bacon ou encore côtelette – pourraient ainsi être réservées à des produits contenant effectivement de la viande. Cette orientation marque une évolution notable du débat européen, qui reposait jusqu’ici principalement sur l’application générale des règles relatives à l’information loyale du consommateur.

La jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne rappelle toutefois que les États membres ne peuvent pas, de manière unilatérale, interdire l’utilisation de termes traditionnellement associés à la viande pour des produits végétaux lorsque le droit européen ne prévoit pas explicitement une telle restriction. En l’absence de définition légale harmonisée, les règles générales de l’étiquetage alimentaire continuent donc de s’appliquer, en particulier le principe selon lequel la présentation d’une denrée ne doit pas induire le consommateur en erreur.

La discussion autour des « dénominations bouchères » illustre ainsi les tensions entre plusieurs objectifs : protection des filières agricoles, développement des alternatives végétales et garantie d’une information claire pour le consommateur. Les travaux législatifs en cours montrent que la question reste ouverte au niveau européen et qu’elle continuera probablement d’évoluer au rythme des arbitrages politiques et des décisions de justice.