Cet article est PREMIUM, et nécessite un abonnement payant pour lire la suite

Je m’identifie
Créer mon compte

Créez votre compte dès maintenant puis contactez-nous pour accéder aux articles Premium et/ou Lettre Export.

Inscription

Temps estimé - 4 min

Marie Deniel. D’après le Brittish Medical Journal, juillet 2010

L’objectif de cette étude est d’évaluer si une supplémentation en calcium augmente le risque cardiovasculaire.

Pour y parvenir, une recherche bibliographique a été réalisée sur les bases Medline, Embase et Cochrane, de 1966 à 2010. Les études sélectionnées étaient randomisées, contrôlées et contre placebo, la supplémentation calcique était supérieure à 500 mg/jour, durait 1 an minimum et devait porter sur au moins une centaine de participants. Cette recherche bibliographique a retenu 15 essais cliniques au sein desquelles des données sur la santé cardiovasculaire étaient disponibles pour 63% des patients. Ainsi, infarctus et accidents cérébro-vasculaires ont été mesurés.

Pour 5 études (n= 8151, durée 3,6 ans), un infarctus est survenu pour 143 sujets supplémentés en calcium contre 111 pour ceux ayant reçu le placebo (P=0.035). Ainsi, le risque d’infarctus augmente significativement de 31% lors d’une supplémentation calcique. Par ailleurs, 167 sujets étant supplémentés en calcium ont eu un accident cérébro-vasculaire contre 143 ayant reçu le placebo (P=0.11). Au total 293 sujets supplémentés ont eu un accident vasculaire contre 254 ayant reçu le placebo (P=0.057).

Une méta-analyse de 11 études montre des résultats similaires (n= 11 921, durée 4 ans) : 296 sujets ont eu un infarctus (166 sujets supplémentés, 130 placebo, P=0.038).

De plus, l’analyse de sous-groupes montre une interaction significative entre la supplémentation calcique, les apports alimentaires en calcium et le risque d’infarctus. La supplémentation est associée à un risque accru d’infarctus chez les personnes ayant des apports alimentaires supérieur à 805 mg / jour en moyenne (HR=1.85). En revanche, aucune augmentation de risque n’est constatée lorsque les apports alimentaires en calcium sont inférieurs à 805 mg/j.

La relation entre apport calcique alimentaire et risque d’évènement cardiovasculaire a également été examiné. Il ressort qu’une relation inverse existe entre les apports calciques alimentaires et les maladies cardiques. Ainsi, deux études américaines montrent que les femmes les plus fortes consommations de calcium via l’alimentation ont un risque de mortalité cardiovasculaire réduit de 30 à 40% par rapport aux plus faibles consommatrices.

Ainsi, contrairement à la supplémentation calcique, les apports alimentaires en calcium ne sont pas associés à un risque cardiovasculaire accru.

En conséquence, le risque cardiovasculaire identifié chez les forts consommateurs de calcium semble lié à la supplémentation et non pas aux apports alimentaires.

Référence :Mark J Bolland, Alison Avenell, John A Baron, Andrew Grey, Graeme S MacLennan, Greg D Gamble, Ian R Reid. Effect of calcium supplements on risk of myocardial infarction and cardiovascular events: meta-analysis. Brittish Medical Journal, vol.341:c3691. July 2010.