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Après une décennie d’expansion rapide, le secteur des alternatives à la viande traverse une phase de réajustement. La viande végétale fait aujourd’hui face à un ralentissement commercial et à des interrogations croissantes sur sa place au sein de l’écosystème des protéines alternatives. Pourtant, malgré ces turbulences, elle demeure pour l’instant la catégorie dominante dans l’univers des substituts carnés.
Le ralentissement du marché est visible dans plusieurs signaux : difficultés financières de certaines marques, retrait de produits de menus de restauration et adoption plus prudente par les distributeurs. Les produits imitant la viande sont notamment pénalisés par leur prix, considéré comme le principal frein à l’achat dans un contexte macroéconomique marqué par l’inflation et la sensibilité accrue des consommateurs au pouvoir d’achat. Pour de nombreux observateurs, la compétitivité tarifaire par rapport à la viande animale reste la condition clé d’une relance du segment.
Parallèlement, l’image des substituts carnés est parfois fragilisée par leur perception comme aliments ultra-transformés. Cette critique alimente l’intérêt croissant pour des alternatives végétales plus traditionnelles (tofu, tempeh ou seitan) perçues comme plus naturelles et déjà ancrées dans certaines cultures alimentaires.
Cependant, l’idée d’un basculement massif vers ces produits traditionnels reste exagérée. Les données de marché montrent que les substituts de viande continuent de représenter la majorité des ventes dans la catégorie des alternatives. Au Royaume-Uni par exemple, les analogues de viande se vendent environ cinq fois plus que les options végétales non imitatives. À plus long terme, certaines projections anticipent même une croissance mondiale soutenue de la viande végétale, avec un taux annuel moyen supérieur à 15 % entre 2025 et 2035.
Dans ce contexte, le secteur semble entrer dans une phase de transformation plutôt que de déclin. Les stratégies industrielles se réorientent vers plusieurs leviers : réduction des coûts de production, innovation technologique, repositionnement dans la restauration hors domicile et diversification des offres vers des formats hybrides ou de nouveaux produits végétaux.
En définitive, si l’euphorie des années 2010 s’est atténuée, la viande végétale reste aujourd’hui l’épine dorsale du marché des alternatives à la viande. L’enjeu pour les industriels n’est plus tant de prouver la pertinence du concept que de réussir son passage à l’échelle : améliorer le goût, réduire les prix et trouver un positionnement crédible face à la viande conventionnelle et aux autres protéines alternatives.
Sources :
« Does plant-based meat still dominate the meat-free sector ? », Food Navigator Europe, Augustin Bambridge-Sutton, 24/02/2026.
« Plant-Based meat isn’t dead, but it is in a reset », Food Navigator Europe, Deniz Ataman, 18/02/2026.