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Dans une nouvelle infographie, la Commission européenne met en avant le potentiel des macroalgues et microalgues comme futurs ingrédients de l’alimentation européenne. Plus qu’une simple présentation nutritionnelle, le document répond directement aux principales interrogations des consommateurs sur la sécurité, les usages et les bénéfices des algues alimentaires.
Les qualités nutritionnelles des algues sont largement mises en avant. Les algues marines sont présentées comme des sources naturelles de fibres, polysaccharides marins, minéraux (notamment iode et potassium), protéines végétales (jusqu’à 30 % selon les espèces) et antioxydants. Les microalgues, telles que la spiruline ou la chlorella, se distinguent quant à elles par leur forte teneur en protéines (jusqu’à 60 %), leur profil complet en acides aminés, leurs oméga-3, certaines vitamines du groupe B ainsi que différents minéraux et oligoéléments.
La Commission souligne également la complémentarité entre algoculture terrestre et culture marine. Les microalgues, cultivées en bassins ou photobioréacteurs, utilisent peu d’eau et peuvent être produites sur des terres non arables. Les macroalgues, cultivées en mer, n’utilisent ni eau douce ni terres agricoles et contribuent à diversifier les ressources alimentaires.
Une partie du document est consacrée aux idées reçues. La Commission rappelle notamment que les algues alimentaires ne doivent pas être assimilées aux proliférations d’algues toxiques, que les espèces commercialisées sont rigoureusement sélectionnées et que les produits à base d’algues sont déjà largement utilisés dans l’alimentation, les ingrédients alimentaires ou encore comme colorants naturels. Elle souligne également que les algues font partie de l’alimentation humaine depuis longtemps dans de nombreuses régions du monde.
L’infographie apporte également plusieurs précisions concernant la sécurité sanitaire. Elle rappelle que certaines espèces de macroalgues peuvent naturellement contenir des teneurs élevées en iode ou en contaminants (cadmium, plomb, arsenic inorganique, mercure, nickel), mais que l’Union européenne encadre ces risques grâce :
- aux limites maximales fixées par le règlement (UE) 2023/915 pour les contaminants ;
- aux évaluations scientifiques réalisées par l’EFSA ;
- aux systèmes nationaux de surveillance ;
- à l’autorisation des espèces destinées à l’alimentation.
La Commission met également en avant les procédés de transformation utilisés en Europe (lavage, trempage, blanchiment, cuisson ou fermentation), qui peuvent réduire jusqu’à 80 % la teneur en iode de certaines espèces, selon l’espèce concernée et le procédé appliqué.
Enfin, le document donne quelques repères de consommation destinés au grand public. À titre d’exemple, une consommation correspondant à six makis avec du nori, un petit bol de soupe miso au nori ou deux à trois pincées d’algues séchées dans une salade est présentée comme compatible avec un apport raisonnable en iode.
Cette publication traduit la volonté de la Commission européenne d’accompagner le développement des filières algales en rassurant les consommateurs sur leur intérêt nutritionnel, leur sécurité et leur place dans une alimentation durable.
Source : Commission européenne: Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement, Algae consumption — What you need to know — Discover the nutritional potential of microalgae and seaweed, Office des publications de l’Union européenne, 2026, https://data.europa.eu/doi/10.2926/5058438