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E 424 : un nouvel additif autorisé

Le règlement (UE) 2026/2298 de la Commission du 16 octobre 2026 autorise, pour la première fois dans l’Union européenne, l’utilisation du curdlane (E 424) en tant qu’additif alimentaire, avec des fonctions de gélifiant, d’affermissant, de stabilisant et d’épaississant. Ce polysaccharide de haut poids moléculaire, obtenu par fermentation à partir de la souche Rhizobium radiobacter biovar 1 NTK-u, est destiné notamment à améliorer la texture, la rétention d’eau et la stabilité thermique des denrées. À la suite de l’évaluation de l’EFSA publiée en septembre 2024, qui n’a pas identifié de préoccupation sanitaire aux usages et doses proposés, la Commission inscrit le E 424 à l’annexe II du règlement (CE) n° 1333/2008 et établit ses critères de pureté et d’identification dans le règlement (UE) n° 231/2012. L’autorisation couvre un large éventail de catégories alimentaires (produits laitiers transformés, glaces, préparations de fruits et légumes, confiseries, produits céréaliers, pâtes, viandes et poissons transformés, sauces, soupes, etc.), avec des teneurs maximales spécifiques pouvant atteindre 50 000 mg/kg et des restrictions propres à certaines denrées. Le règlement, directement applicable dans tous les États membres, entre en vigueur le 8 novembre 2026.

Avis de l’EFSA sur l’extension des conditions d’emploi des glycolipides (E 246)

L’EFSA a publié un avis le 23 octobre 2026 sur la sécurité d’une extension des conditions d’utilisation des glycolipides (E 246) en tant qu’additif alimentaire. Une demande d’extension d’utilisation a été déposée début 2026 pour étendre l’usage de cet additif à 11 catégories alimentaires, comprenant notamment les fromages affinés (avec application sur la croûte comestible), les arilles de grenade découpées, certaines préparations carnées non traitées thermiquement, différentes boissons alcoolisées ainsi que les compléments alimentaires liquides. Les niveaux d’incorporation proposés varient selon les catégories, de 30 à 50 mg/L pour plusieurs boissons alcoolisées jusqu’à 800 mg/L pour les compléments alimentaires liquides. Pour les applications de surface sur les fromages et les viandes, les concentrations sont exprimées par unité de surface. Concernant l’évaluation de l’exposition alimentaire résultant de ces nouveaux usages, plusieurs scénarios ont été considérés par les experts de l’EFSA, combinant notamment les niveaux d’emploi maximaux et les niveaux typiques proposés. Un scénario spécifique a également été établi pour les consommateurs de compléments alimentaires. Dans le scénario reposant sur les hypothèses les plus prudentes, conduisant à estimer l’exposition la plus élevée, l’exposition estimée au 95ᵉ percentile atteint 6,2 mg/kg de poids corporel/jour chez les nourrissons et 5,6 mg/kg/jour chez les enfants en bas âge. Ces valeurs restent bien inférieures à la DJA de 10 mg/kg/jour. Pour les consommateurs de compléments alimentaires, l’exposition estimée au 95ᵉ percentile atteint au maximum 1,3 mg/kg de poids corporel/jour, chez les enfants âgés de 3 à 9 ans. L’EFSA souligne certaines incertitudes inhérentes à la modélisation, les experts soulignent que l’hypothèse selon laquelle l’ensemble des aliments d’une catégorie contiendrait l’additif aux niveaux considérés tend à surestimer l’exposition. L’EFSA considère que l’extension des conditions d’utilisation proposée ne soulève pas de préoccupation de sécurité, les expositions estimées demeurant inférieures à la DJA dans l’ensemble des scénarios évalués. Pour rappel, cet avis constitue une évaluation scientifique et non une autorisation réglementaire : la mise en œuvre des nouveaux usages reste subordonnée à une décision de la Commission européenne et, le cas échéant, à la modification des textes européens applicables, avec la publication d’un règlement actant l’autorisation de cet additif dans les nouvelles catégories sollicitées.

Avis de l’EFSA sur l’évaluation de la sécurité du Rébaudioside M produit par conversion enzymatique de rébaudioside A issu d’extraits hautement purifiés de feuilles de Stevia (E960C(ii))

L’EFSA a publié en septembre 2026 un avis sur la sécurité d’un rébaudioside M obtenu par conversion enzymatique d’extraits foliaires purifiés de glycosides de stéviol (E 960c(ii)). Le procédé repose sur trois enzymes (UDP-glucosyltransférase, UTP-glucose-1-phosphate uridylyltransférase et sucrose synthase) produites par une souche génétiquement modifiée d’Escherichia coli K-12 DSM 35119. Le produit final contient au moins 95% de rébaudioside M. L’EFSA considère que l’additif obtenu par ce procédé présente les mêmes caractéristiques physico-chimiques que le rébaudioside M déjà couvert par les évaluations antérieures des glycosides de stéviol. En conséquence, aucune nouvelle étude toxicologique n’a été jugée nécessaire et les données biologiques, toxicologiques et d’exposition déjà disponibles ont été considérées comme applicables. La DJA de 4 mg/kg/jour est maintenue. Le Panel conclut que le procédé de fabrication ne soulève pas de préoccupation de sécurité. Il est uniquement recommandé d’introduire une spécification spécifique pour l’acide kaurénoïque, considéré comme une impureté potentiellement génotoxique, même si celle-ci n’a pas été détectée dans les échantillons testés. Sur le plan réglementaire, l’EFSA estime que ce nouveau Rébaudioside M ne correspond pas exactement aux définitions actuelles des E 960c(i) ou E 960c(ii), en raison notamment de la souche de production, de la matière première et du profil des glycosides minoritaires. En particulier, la définition proposée ne correspond pas à celle du E 960c(ii), car la matière première est constituée d’extraits de feuilles de glycosides de stéviol purifiés, plutôt que d’extraits de glycosides de stéviol rébaudioside A hautement purifiés. Elle recommande donc la création d’une nouvelle entrée dans le règlement (UE) n° 231/2012 plutôt qu’une simple modification des spécifications existantes.

Comptes-rendus des dernières réunions du groupe de travail européen

Les comptes-rendus des quelques-unes des dernières réunions du groupe de travail sur les additifs alimentaires (19 mars ; 5 et 6 mai) ont été publiés. Voici quelques-uns des sujets qui ont fait l’objet de discussions.

 

Demandes d’extensions d’utilisation

  • E 955 (sucralose)

Une demande déposée en 2018 concernait l’extension d’utilisation du sucralose (E 955) dans les produits de boulangerie fine (catégorie 07.2) répondant au principe ERONAS (energy-reduced or no added sugar), c’est-à-dire à valeur énergétique réduite ou sans sucres ajoutés. Lors de la réunion de mars, la Commission a présenté les conclusions de la réévaluation du sucralose par l’EFSA. L’Autorité a conclu qu’il n’était pas nécessaire de modifier la dose journalière admissible (DJA) actuelle et que les estimations d’exposition ne dépassaient pas cette valeur. Toutefois, l’EFSA n’a pas pu garantir la sécurité du sucralose dans les produits de boulangerie soumis à des températures élevées pendant des durées prolongées. Dans ces conditions, une migration du chlore et la formation de composés chlorés non identifiés ne peuvent être exclues. En conséquence, il a été décidé de ne pas poursuivre l’examen de cette demande d’extension d’utilisation.

  • E 1204 (pullulane)

Pour rappel, le pullulane (E 1204) fait l’objet d’une demande d’extension d’utilisation à plusieurs catégories de denrées alimentaires, notamment pour permettre l’encapsulation de nutriments. À la suite de l’avis favorable de l’EFSA publié en mars 2025, la Commission avait préparé un projet de règlement visant à autoriser ces nouvelles utilisations. Plusieurs questions restaient toutefois en discussion. Lors de la réunion de mai, la Commission a indiqué que quelques points demeuraient en suspens et devaient encore être traités. Le compte rendu ne précise pas leur nature ni les modifications envisagées. Aucune décision définitive n’est mentionnée.

  • E 491 (monostéarate de sorbitane)

Pour rappel, une demande porte sur la modification des conditions d’utilisation du monostéarate de sorbitane (E 491) dans les préparations enzymatiques (en particulier dans les levures contenant l’enzyme asparaginase (ARY). L’EFSA avait conclu que les conditions d’utilisation proposées ne soulevaient pas de préoccupation sanitaire. La Commission avait ensuite préparé un projet de règlement, sans parvenir à un consensus avec les États membres. Lors de la réunion de mai, la Commission a présenté un point d’avancement du dossier. Le compte rendu ne fournit cependant pas d’informations supplémentaires sur les éventuelles modifications apportées au projet ni sur l’obtention d’un consensus.

  • E 579 (gluconate ferreux)

Une nouvelle demande concerne l’extension d’utilisation du gluconate ferreux (E 579) dans la catégorie alimentaire 05.1 (Produits de cacao et de chocolat visés dans la directive 2000/36/CE), et plus précisément dans la poudre de cacao. L’objectif technologique est d’améliorer les propriétés organoleptiques de la poudre de cacao en lui conférant une coloration plus foncée. Lors de la réunion de mai, les États membres ont été invités à transmettre leurs observations écrites sur cette demande.

  • E 220 (anhydride sulfureux)

Une autre nouvelle demande concerne l’extension des conditions d’utilisation de l’anhydride sulfureux (E 220) dans plusieurs catégories alimentaires. Actuellement, cet additif est autorisé dans certaines sous-catégories de denrées, mais pas nécessairement dans l’ensemble des catégories concernées par la demande. Le demandeur souhaite étendre cette autorisation à toutes les denrées appartenant aux catégories visées, en proposant toutefois des teneurs maximales significativement inférieures à celles actuellement autorisées pour les produits déjà couverts. Lors de la réunion de mai, les États membres ont été invités à transmettre leurs commentaires écrits. Cette demande doit être distinguée des discussions plus générales relatives à la réévaluation des sulfites et à la réduction de l’exposition des consommateurs.

  • E 902 (cire de candelilla)

Une nouvelle demande concerne l’extension d’utilisation de la cire de candelilla (E 902) à la catégorie alimentaire 02.1 (Matières grasses et huiles pratiquement anhydres (à l’exclusion des matières grasses laitières anhydres)). L’utilisation demandée serait limitée aux huiles végétales raffinées destinées à la préparation d’oléogels, utilisés comme ingrédients intermédiaires. L’extension proposée ne concerne donc pas l’utilisation de cire de candelilla dans l’huile d’olive ou l’huile d’olive vierge extra. Lors de la réunion de mai, les États membres ont été invités à transmettre leurs observations.

  • E 901 (cire d’abeille)

Une demande similaire a été déposée par le même demandeur, elle concerne la cire d’abeille (E 901). Elle vise également une extension d’utilisation dans la catégorie 02.1, exclusivement pour les huiles végétales raffinées utilisées dans la fabrication d’oléogels destinés à être employés comme ingrédients intermédiaires. L’huile d’olive et l’huile d’olive vierge extra sont toujours exclues de cette demande. Les États membres ont été invités à transmettre leurs observations écrites à la suite de la réunion de mai.

 

Point sur les demandes d’autorisation de nouveaux additifs alimentaires

  • Bleu Jagua (génipine-glycine)

Pour rappel, une demande d’autorisation concerne un nouveau colorant bleu destiné à être utilisé dans 16 catégories alimentaires. Ce colorant est obtenu par réaction entre la génipine, issue d’un extrait de fruit de Jagua, et de la glycine ajoutée au procédé. Le produit obtenu est ensuite concentré.

Dans son avis publié en décembre, l’EFSA a établi une DJA, conclu à l’absence de préoccupation sanitaire dans les conditions évaluées et proposé des spécifications. Lors de la réunion de mars, les États membres ont soulevé plusieurs questions concernant ce dossier. La Commission a annoncé qu’elle contacterait le demandeur afin d’obtenir des précisions. En mai, elle a indiqué avoir reçu des réponses à certaines de ces questions. Cependant, plusieurs points demeurent sans réponse et des informations complémentaires sont attendues. La demande reste en cours d’examen.

  • Concentré de fibres de pois

Pour rappel, une demande d’autorisation concerne l’utilisation d’un concentré de fibres de pois comme additif alimentaire dans plusieurs catégories de denrées, pour différentes fonctions technologiques : stabilisant, anti-agglomérant, agent de traitement de la farine ou agent moussant. La Commission avait préparé un projet de règlement intégrant les recommandations de l’EFSA concernant les spécifications de cet additif. Lors de la réunion de mai, la Commission a indiqué que quelques points restaient encore à traiter dans ce dossier, déjà discuté à de nombreuses reprises. Le compte rendu ne précise pas leur nature ni les éventuelles conséquences sur le calendrier d’autorisation.

  • Extrait bleu de Galdieria sulphuraria

Une nouvelle demande d’autorisation concerne l’utilisation d’un extrait riche en phycocyanines, obtenu à partir de Galdieria sulphuraria, une espèce de microalgue rouge unicellulaire. Cet extrait est destiné à être utilisé comme colorant bleu dans différentes catégories de denrées alimentaires. La fonction technologique recherchée est de colorer des aliments naturellement incolores ou d’améliorer leur apparence. Lors de la réunion de mai, les États membres ont été invités à transmettre leurs observations écrites concernant cette demande.

 

Sources :

RÈGLEMENT (UE) 2026/2298 DE LA COMMISSION du 16 octobre 2026 modifiant l’annexe II du règlement (CE) no 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil et l’annexe du règlement (UE) no 231/2012 de la Commission en ce qui concerne l’utilisation du curdlane

EFSA FAF Panel (EFSA Panel on Food Additives and Flavourings), Andreassen, M., Aquilina, G., Bastos, M. L., Boon, P., Fallico, B., FitzGerald, R., Frutos Fernandez, M. J., Grasl-Kraupp, B., Gundert-Remy, U., Gürtler, R., Houdeau, E., Kurek, M., Louro, H., Morales, P., Passamonti, S., Castle, L., Leblanc, J. C., Ruggeri, L., Smeraldi, C., … Aprile, S. (2026). Application for the extension of use of the food additive glycolipids (E 246). EFSA Journal, 24(10), e10367. https://doi.org/10.2903/j.efsa.2026.10367

EFSA FAF Panel (EFSA Panel on Food Additives and Flavourings), Castle, L., Andreassen, M., Aquilina, G., Bastos, M. L., Boon, P., Fallico, B., FitzGerald, R., Frutos Fernandez, M. J., Grasl-Kraupp, B., Gundert-Remy, U., Gürtler, R., Houdeau, E., Kurek, M., Louro, H., Morales, P., Passamonti, S., Barat Baviera, J. M., Degen, G., … Ruggeri, L. (2026). Safety evaluation of the food additive rebaudioside M produced via enzymatic conversion of purified steviol glycosides leaf extracts. EFSA Journal, 24(9), e10232. https://doi.org/10.2903/j.efsa.2026.10232

Compte-rendu des dernières réunions du Groupe de travail sur les additifs alimentaires du 19 Mars et des 5 et 6 Mai :

https://www.row-minvws.nl/documenten/2026/05/05/verslag-cwg-additieven-5-en-6-mei-2026

https://www.row-minvws.nl/documenten/2026/03/19/verslag-cwg-additieven-19-maart-2026