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Avec l’âge, la réponse musculaire à l’apport protéique diminue, un phénomène qualifié de résistance anabolique. Dans une revue narrative publiée en août dans Frontiers in Nutrition, les auteurs ont comparé les effets des protéines de pois à ceux des protéines laitières (la caséine et l’α-lactalbumine), chez les personnes âgées. Les auteurs se sont intéressés à plusieurs dimensions : disponibilité des acides aminés, synthèse protéique musculaire, performances physiques, microbiote intestinal, réponses hormonales et métaboliques, ainsi que fonctions neurocognitives.

La revue distingue les données issues des modèles animaux de celles provenant des études cliniques chez l’Homme, ainsi que les effets aigus, observés dans les heures suivant la consommation, des effets à plus long terme. Les protéines laitières présentent globalement une digestibilité plus élevée et une teneur supérieure en acides aminés essentiels. L’α-lactalbumine est notamment riche en leucine et en tryptophane, tandis que la protéine de pois contient moins de leucine et est limitée en acides aminés soufrés, en particulier en méthionine.
À court terme, cette différence de composition se traduit généralement par une réponse plus marquée avec les protéines laitières. Dans une étude menée chez des adultes d’âge moyen à avancé, par exemple, la protéine de lactosérum a entraîné un pic et une exposition plasmatique à la leucine significativement supérieurs à ceux observés avec la protéine de pois, alors que l’exposition globale aux acides aminés était comparable. D’autres travaux montrent également des pics plus faibles de leucine et d’acides aminés essentiels après consommation de mélanges de protéines végétales, même lorsque leur teneur en leucine est ajustée à celle de la protéine de lactosérum. Cette cinétique rapide peut être importante pour stimuler la synthèse protéique musculaire. Chez des hommes âgés, 20 g de protéines de lactosérum ont ainsi induit une synthèse protéique musculaire supérieure à celle obtenue avec de la caséine ou un hydrolysat de caséine, et l’intensité de cette réponse était corrélée au pic de leucine plasmatique.
Les différences apparaissent toutefois beaucoup moins nettes lorsque l’on considère des périodes plus longues. Dans un essai chez des hommes âgés présentant une résistance anabolique, 50 g/jour supplémentaires de protéines pendant huit jours ont augmenté de manière similaire la synthèse protéique musculaire intégrée avec le lactosérum et la protéine de pois. Dans une autre étude de dix jours associant une alimentation apportant 1 g de protéines/kg/jour et un entraînement en résistance, l’augmentation de la synthèse protéique musculaire était également comparable avec des régimes à base de lactosérum ou de pois.
Pour les auteurs, ces résultats suggèrent que la source protéique joue surtout un rôle dans la réponse postprandiale immédiate, notamment par l’intermédiaire de la vitesse de digestion et de la disponibilité de la leucine. À plus long terme, lorsque les besoins en protéines et en acides aminés essentiels sont satisfaits, les différences entre protéines de pois et protéines laitières semblent s’atténuer. L’enrichissement en leucine ou l’association de protéines végétales et animales pourrait également compenser certaines caractéristiques moins favorables des protéines végétales.
Les résultats concernant d’autres dimensions du vieillissement sont en revanche beaucoup moins solides. Les données disponibles suggèrent des effets potentiels de la source protéique sur le microbiote intestinal, l’inflammation ou le métabolisme du tryptophane. L’α-lactalbumine augmente notamment la disponibilité du tryptophane chez les personnes âgées, mais ces modifications métaboliques n’ont pas été associées de façon constante à une amélioration immédiate de l’humeur ou des performances cognitives. Les données comparatives concernant la protéine de pois restent particulièrement limitées dans ce domaine. Ces conclusions doivent toutefois être interprétées avec prudence. Il s’agit d’une revue narrative, sans évaluation formalisée du risque de biais des études incluses. Les essais humains sont souvent de faible effectif, et de courte durée. Les protocoles diffèrent également par les doses de protéines, leur matrice, l’association ou non à un entraînement et les caractéristiques des participants.

Dans l’ensemble, les données rassemblées suggèrent donc un avantage des protéines laitières, notamment de lactosérum, pour provoquer un pic de leucine rapide et stimuler la réponse anabolique après ingestion. À plus long terme, lorsque les apports protéiques et en acides aminés essentiels sont suffisants, les différences entre protéines de pois et protéines laitières semblent cependant beaucoup moins nettes. Les auteurs considèrent que les données actuelles restent insuffisantes pour conclure à une équivalence clinique à long terme entre ces sources protéiques chez les personnes âgées.
« Comparative effects of pea protein vs. dairy proteins (α-lactalbumin and casein) on aminoacidemia, exercise performance, gut microbiota, hormonal responses, neurocognitive function, mood, and metabolic–inflammatory responses in older adults »
Revue publiée le 27 août 2026 dans Frontiers in Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.3389/fnut.2026.1871477
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Krysztof Biernat