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Les régimes végétaux sont de plus en plus encouragés pour leurs bénéfices potentiels sur la santé cardiométabolique et leur moindre impact environnemental. Le régime végétalien (vegan), qui exclut tous les aliments d’origine animale, soulève néanmoins certaines questions nutritionnelles, notamment chez les personnes âgées. Avec le vieillissement, la masse et la force musculaires diminuent progressivement, augmentant le risque de sarcopénie et de perte d’autonomie. Dans ce contexte, un apport suffisant en protéines et la pratique d’exercices de résistance jouent un rôle important dans le maintien du muscle. Or, les aliments végétaux présentent souvent une densité protéique plus faible et une composition en acides aminés différente de celle des sources d’origine animale.
L’objectif principal de l’étude était de comparer les effets d’un régime végétalien choisi librement à ceux d’un régime omnivore habituel sur la masse musculaire. Les chercheurs souhaitaient également savoir si la pratique d’exercices de résistance pouvait limiter les éventuels effets du régime végétalien. Leur hypothèse était qu’un régime végétalien adopté sans contrôle strict des apports en protéines entraînerait une diminution de la masse musculaire. À l’inverse, ils s’attendaient à une stabilité chez les participants conservant leur régime omnivore et chez ceux associant alimentation végétalienne et exercices de résistance.
L’essai a inclus 72 adultes en bonne santé âgés d’au moins 65 ans, avec un âge moyen de 72 ans. Tous consommaient régulièrement des produits d’origine animale avant l’étude. Ils ont été répartis aléatoirement entre trois groupes :
- Le premier groupe a adopté un régime végétalien librement choisi,
- Le deuxième a conservé son alimentation omnivore habituelle.
- Le troisième groupe a adopté le même type de régime végétalien, mais en réalisant en parallèle deux séances supervisées d’exercices de résistance par semaine.
L’intervention a duré 12 semaines. Le volume musculaire des cuisses, la force musculaire, la synthèse protéique des muscles et la masse maigre ont été mesurés.
Les participants du groupe végétalien consommaient environ 19 à 28 g de protéines de moins par jour par rapport à leur régime habituel. Leur consommation d’acides aminés essentiels a également diminué. Une évolution comparable a été observée chez les participants végétaliens pratiquant les exercices de résistance. Parallèlement, la consommation de fibres a fortement augmenté, d’environ 8 à 11 g supplémentaires par jour dans le groupe végétalien.
Après 12 semaines, le volume musculaire total des cuisses avait diminué dans le groupe végétalien. À l’inverse, il était pratiquement inchangé chez les participants ayant conservé leur alimentation omnivore. La masse maigre suivait la même tendance. Les chercheurs ont également constaté que la synthèse quotidienne des protéines musculaires était plus faible avec le régime végétalien. Elle atteignait 1,09 % par jour, contre 1,27 % dans le groupe omnivore.
Les exercices de résistance ont cependant modifié la situation. Chez les participants associant un régime végétalien et un entraînement musculaire, le volume des muscles des cuisses diminuait de façon moins importante qu’avec le régime végétalien seul. La synthèse des protéines musculaires atteignait quant à elle 1,24 % par jour, une valeur supérieure à celle du groupe végétalien sans exercice.
L’entraînement n’a donc pas complètement empêché la perte musculaire. Les auteurs soulignent que les participants de ce groupe avaient eux aussi fortement diminué leurs apports en protéines. L’exercice de résistance semble ainsi avoir atténué, plutôt qu’annulé, les conséquences musculaires associées au régime observé dans cette étude. Les participants choisissaient eux-mêmes leurs aliments et leurs apports protéiques ont fortement chuté. Les auteurs rappellent d’ailleurs qu’une précédente étude utilisant un régime végétalien contrôlé apportant suffisamment de protéines n’avait pas mis en évidence de diminution de la synthèse protéique musculaire par rapport à un régime omnivore. L’étude montre par ailleurs certains effets potentiellement favorables du régime végétalien : les participants ont notamment présenté une diminution de la graisse viscérale et de la fraction graisseuse du foie.
→ En conclusion, les résultats montrent ainsi qu’un régime végétalien librement choisi s’est accompagné d’une réduction importante des apports protéiques, de la synthèse des protéines musculaires et de la masse musculaire chez des adultes âgés en bonne santé. Deux séances hebdomadaires d’exercices de résistance ont limité cette perte, sans la supprimer complètement. Chez les personnes âgées souhaitant adopter une alimentation végétalienne, ces résultats soulignent surtout l’importance de porter une attention particulière à la quantité et à la qualité des protéines consommées, ainsi qu’au maintien d’une activité physique régulière.
« A self-selected vegan diet reduces skeletal muscle mass in healthy older adults: a randomized controlled trial »
Article publié le 1er septembre 2026 dans The American Journal of Clinical Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1016/j.ajcnut.2026.101416
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Cottonbro