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L’alimentation joue un rôle essentiel dans la prévention des maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans le monde. Les habitudes alimentaires prennent racine dès l’enfance et l’adolescence, des périodes où les jeunes gagnent progressivement en autonomie dans leurs choix alimentaires. Si les bénéfices d’une alimentation équilibrée sont bien établis, une question reste ouverte : les connaissances nutritionnelles acquises pendant l’adolescence peuvent-elles avoir un impact durable sur la santé des années plus tard ?
Les auteurs souhaitaient évaluer si le niveau de connaissances nutritionnelles des adolescents était associé, une dizaine d’années plus tard, à leurs habitudes alimentaires, leur condition physique et leurs facteurs de risque cardiovasculaire.

Les données proviennent de la cohorte européenne HELENA, consacrée aux habitudes de vie des adolescents, puis de son suivi à l’âge adulte dans le cadre de l’étude. Au total, 143 participants, belges, français, italiens ou espagnols, et âgés de 12,5 à 17,5 ans lors du recrutement initial ont été réévalués entre 22 et 31 ans, après un suivi de 10 à 14 ans. Les connaissances nutritionnelles ont été mesurées grâce à un questionnaire comprenant 23 questions portant sur les recommandations alimentaires, les sources des nutriments et les liens entre alimentation et santé. Les chercheurs ont également évalué la qualité globale de l’alimentation, la consommation d’aliments ultra-transformés, l’adhésion au régime Planetary Health Diet, la condition physique, plusieurs marqueurs cardiovasculaires (cholestérol, pression artérielle, indice de masse corporelle, glycémie) ainsi qu’un score prédictif du risque cardiovasculaire (mPDAY).
Les résultats montrent que les adolescents obtenant les meilleurs scores au test de connaissances nutritionnelles adoptaient, une dizaine d’années plus tard, une alimentation globalement de meilleure qualité. Les chercheurs ont également observé que ces participants présentaient un score mPDAY plus faible, indiquant un risque cardiovasculaire futur légèrement réduit. En revanche, les connaissances nutritionnelles des adolescents n’étaient pas directement associées à leurs paramètres cardiovasculaires ou à leur alimentation au même âge. Autrement dit, les bénéfices ne semblent pas immédiats mais apparaissent progressivement au fil des années, lorsque les jeunes deviennent pleinement responsables de leurs choix alimentaires. L’étude montre également que le niveau de connaissances nutritionnelles à l’âge adulte était peu lié aux habitudes alimentaires ou aux facteurs de risque cardiovasculaire. La seule association retrouvée concernait une meilleure capacité cardio-respiratoire chez les adultes ayant les meilleures connaissances nutritionnelles.
→ En conclusion, ces résultats suggèrent que les connaissances acquises pendant l’adolescence pourraient influencer durablement les comportements alimentaires, davantage que les connaissances acquises plus tard dans la vie. Les auteurs soulignent également l’intérêt de renforcer l’éducation nutritionnelle dès le collège et le lycée. En développant précocement les compétences des adolescents en matière d’alimentation, il serait possible d’améliorer leurs choix alimentaires futurs et, à plus long terme, de contribuer à réduire leur risque de maladies cardiovasculaires.
Les auteurs rappellent néanmoins plusieurs limites importantes. L’étude ne porte que sur 143 participants, et la population étudiée présentait également un niveau d’éducation relativement élevé et une faible prévalence du surpoids. Par ailleurs, les habitudes alimentaires reposaient sur des questionnaires déclaratifs, susceptibles d’introduire des biais de mémoire ou de déclaration
« High nutritional knowledge during adolescence is associated with healthier dietary habits in adulthood: a longitudinal cohort study »
Article publié le 2 juin 2026 dans European Journal of Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1007/s00394-026-03968-y
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Mikhail Nilov