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Le jeûne intermittent connaît un succès croissant parmi les stratégies de perte de poids. Cette approche alterne des périodes d’alimentation normale et des phases de restriction énergétique ou de jeûne prolongé. Si de nombreuses études montrent qu’il peut favoriser une perte de poids comparable à celle obtenue avec une restriction calorique classique, ses effets psychologiques et comportementaux restent encore mal connus.
L’objectif de cette étude était donc d’évaluer si le jeûne intermittent et la restriction calorique agissaient différemment sur le comportement alimentaire (faim, retenue, désinhibition), l’humeur (dépression, anxiété, stress), la qualité du sommeil ou encore la qualité de vie des participants.
Pour répondre à cette question, les chercheurs ont mené un essai clinique randomisé impliquant 209 adultes obèses âgés en moyenne de 58 ans et présentant un risque élevé de diabète de type 2. Les participants ont été répartis en trois groupes pendant six mois :

- Le premier groupe suivait un protocole de jeûne intermittent associé à une alimentation limitée dans le temps. Les participants consommaient seulement 30 % de leurs besoins énergétiques entre 8 h et midi, suivis d’un jeûne de 20 heures, trois jours non consécutifs par semaine. Les autres jours, ils pouvaient manger normalement.
- Le deuxième groupe suivait une restriction calorique classique avec une réduction quotidienne de 30 % des apports énergétiques
- Enfin, le troisième groupe recevait simplement des recommandations nutritionnelles standard sans accompagnement spécifique.
Les chercheurs ont évalué les participants au début de l’essai, puis après 2 mois, 6 mois et enfin 18 mois de suivi. Des questionnaires validés ont permis d’analyser le comportement alimentaire, les niveaux de faim, la désinhibition, l’anxiété, la dépression, le stress, le sommeil et la qualité de vie.
Les résultats montrent que les deux stratégies ont entraîné une perte de poids significative après deux et six mois par rapport au groupe témoin Après six mois, les participants du groupe jeûne intermittent avaient perdu environ 7,4 kg, contre 7 kg dans le groupe restriction calorique.
Les participants suivant la restriction calorique classique ont présenté une augmentation plus importante de la restriction cognitive alimentaire, ainsi qu’une diminution plus marquée de la désinhibition et de la sensation de faim. Les résultats indiquent que la diminution de la désinhibition alimentaire expliquait environ 15 % de la perte de poids observée dans le groupe restriction calorique. Cela suggère que l’amélioration du contrôle alimentaire jouerait un rôle important dans l’efficacité de cette approche. À l’inverse, le jeûne intermittent ne semblait pas agir via les mêmes mécanismes comportementaux. Malgré une perte de poids comparable, les modifications des comportements alimentaires étaient moins marquées dans ce groupe. Selon les auteurs, cela pourrait signifier que ces deux stratégies reposent sur des mécanismes psychologiques différents.
Concernant la santé mentale, le jeûne intermittent n’a pas aggravé les symptômes de dépression, d’anxiété ou les troubles du sommeil par rapport à la restriction calorique. Les chercheurs n’ont pas non plus observé d’augmentation des comportements de type addiction alimentaire ou des compulsions alimentaires. Une légère augmentation du stress a toutefois été observée après deux mois dans le groupe jeûne intermittent, mais cet effet n’était plus présent après six mois.
L’étude présente néanmoins plusieurs limites importantes. Les participants étaient fortement encadrés, ce qui peut améliorer l’adhésion et limiter certains effets négatifs observés dans des conditions de vie réelles. Les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire avaient également été exclues de l’essai.
→ En conclusion, cette étude montre que le jeûne intermittent associé à une alimentation restreinte dans le temps et la restriction calorique classique permettent tous deux une perte de poids cliniquement significative chez des adultes obèses. Toutefois, leurs effets sur le comportement alimentaire semblent différents. La restriction calorique améliore davantage le contrôle alimentaire et réduit les comportements de désinhibition, tandis que le jeûne intermittent pourrait agir via d’autres mécanismes encore mal compris.
« Exploring the impact of intermittent fasting plus time-restricted eating versus calorie restriction on eating behavior, mood, sleep, quality of life in adults with obesity »
Article publié le 15 mai 2026 dans Clinical Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1016/j.clnu.2026.106686
Photos d’illustration issues des banques d’images Pexels et Pixabat. Crédit : Zacharias Korsalka et Towfiqu Barbhuiya