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Il a déjà été décrit que l’alimentation maternelle pendant la grossesse pourrait contribuer au développement pondéral de l’enfant, mais le rôle spécifique des fruits, des légumes et des jus reste peu documenté. Une étude publiée dans Nutrients a examiné les associations entre leur consommation pendant la grossesse et le surpoids ou l’obésité chez l’enfant à 4 ans.

Cette analyse observationnelle prospective porte sur 252 couples mère-enfant issus de la cohorte espagnole ECLIPSES. L’alimentation des mères a été évaluée par questionnaire à 12, 24 et 36 semaines de grossesse. Les chercheurs ont distingué les fruits, les légumes, les jus préparés à domicile et une catégorie de « jus commerciaux » regroupant des produits très différents : jus 100 % fruits, jus à base de concentré, nectars et boissons aux fruits, avec ou sans sucres ajoutés. Selon le seuil retenu dans l’étude (un indice de masse corporelle supérieur au 85e percentile pour l’âge et le sexe), 24,6 % des enfants étaient en surpoids ou obèses à 4 ans.

Concernant les résultats, une consommation maternelle plus élevée de fruits et légumes était associée à une diminution de la fréquence de surpoids ou d’obésité chez l’enfant. Celle-ci atteignait 15,5 % dans le tercile de consommation le plus élevé, contre 33,3 % dans le tercile de consommation le plus faible. Après ajustement sur plusieurs facteurs maternels, dont l’IMC initial, le tabagisme et la qualité globale de l’alimentation, l’association restait significative. En revanche, les associations n’étaient pas statistiquement significatives lorsque les fruits et les légumes étaient analysés séparément.

Aucune association significative n’a été observée pour l’ensemble des jus ni pour les jus préparés à domicile. Pour les jus commerciaux, le tercile de consommation le plus élevé était associé à une augmentation du risque de surpoids ou d’obésité. Ce résultat demeure exploratoire, compte tenu des comparaisons multiples et de l’hétérogénéité des boissons regroupées. Il ne permet notamment pas d’attribuer l’association aux seuls jus 100 % fruits.

Plusieurs limites invitent à la prudence : effectif restreint, diminution du nombre de participants au cours du suivi et consommations déclarées par questionnaire. L’alimentation et l’activité physique de l’enfant après la naissance n’étaient pas prises en compte. Par ailleurs, aucune association n’atteignait la significativité lorsque les consommations étaient analysées par augmentation de 100 g/j, plutôt que par groupes (terciles).

→ En conclusion, ces résultats suggèrent des associations entre la consommation de fruits et légumes pendant la maternité et le poids de l’enfant à 4 ans, sans démontrer de lien de causalité. Ils ne permettent pas de distinguer un éventuel effet prénatal de celui des habitudes alimentaires familiales qui perdurent après la naissance. Leur confirmation dans des cohortes plus larges reste nécessaire avant d’en tirer des recommandations spécifiques.

 


« Maternal Consumption of Fruits, Vegetables and Fruit Juices in Relation to Offspring Weight at 4 Years »

Article publié le 6 septembre 2026 dans Nutrients

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.3390/nu18172918

Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Ron Lach