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Les Européens expriment une volonté croissante d’améliorer leur alimentation, mais cette intention se traduit encore difficilement dans les pratiques quotidiennes. C’est l’un des principaux enseignements du Trust Report 2026 du EIT Food Consumer Observatory, basé sur une enquête réalisée en juillet et août 2025 auprès de 20 000 consommateurs dans 18 pays européens, qui suit l’évolution de la confiance dans le système alimentaire depuis 2018.

L’étude met en évidence un décalage persistant entre intentions et comportements alimentaires, sous l’effet de facteurs économiques, sociaux et culturels qui freinent les changements de régime alimentaire.

Une majorité d’Européens satisfaits de leur alimentation

La plupart des consommateurs européens déclarent être globalement satisfaits de leur régime alimentaire actuel. Selon l’étude, seuls 14 % des répondants se disent insatisfaits de leur alimentation, une proportion stable par rapport aux années précédentes.

Cependant, cette perception varie selon les générations. Les moins de 35 ans se déclarent plus critiques vis-à-vis de leur alimentation, avec 18 % d’insatisfaction, contre 11 % chez les plus de 55 ans.

Ces résultats suggèrent que les jeunes consommateurs sont davantage conscients des limites de leur alimentation et potentiellement plus enclins à envisager des changements, tandis que les générations plus âgées se montrent plus satisfaites de leurs habitudes.

Une forte intention de manger plus sainement

Malgré ce niveau global de satisfaction, les Européens expriment une volonté claire d’améliorer leur alimentation. Selon l’enquête :

  • 51 % des consommateurs déclarent vouloir manger plus sainement,
  • 17 % seulement déclarent ne pas souhaiter améliorer leur alimentation, contre 21 % en 2024.

Par ailleurs, la proportion de consommateurs estimant avoir une alimentation non saine a légèrement diminué, passant de 17 % en 2024 à 15 % en 2025.

Lorsqu’ils envisagent d’améliorer leur alimentation, les consommateurs citent plusieurs axes de changement :

  • augmenter la consommation de fruits et légumes,
  • réduire les aliments transformés,
  • limiter les produits gras, salés ou sucrés,
  • améliorer la qualité nutritionnelle globale de leur alimentation.

La santé apparaît ainsi comme la première motivation de changement alimentaire, devant les considérations économiques ou environnementales.

Des apports nutritionnels jugés insuffisants

Malgré ces intentions, de nombreux Européens reconnaissent que leur alimentation ne couvre pas toujours les apports nutritionnels souhaités. Les données auto-rapportées montrent que :

  • la majorité estime ne pas consommer suffisamment de fibres,
  • une proportion importante déclare un apport insuffisant en protéines,
  • la consommation de fruits est jugée insuffisante par une large part des répondants.
  • un peu plus de la moitié des consommateurs déclarent consommer suffisamment de légumes.

Ces résultats montrent que, malgré l’intérêt pour une alimentation plus saine, les recommandations nutritionnelles restent encore largement sous-atteintes pour une partie importante de la population européenne.

Les habitudes et le prix restent les principaux freins

L’étude met en évidence plusieurs obstacles majeurs à l’évolution des régimes alimentaires. Les deux principaux freins identifiés sont :

  • les habitudes alimentaires, difficiles à modifier sur le long terme ;
  • le coût des aliments, particulièrement dans un contexte d’inflation alimentaire.

À ces facteurs s’ajoutent d’autres contraintes :

  • manque de temps pour cuisiner,
  • contraintes du quotidien,
  • manque de confiance dans sa capacité à changer durablement ses habitudes alimentaires.

Ces résultats confirment que la transition vers des régimes plus sains ne dépend pas uniquement de la motivation individuelle, mais également de facteurs structurels liés à l’environnement alimentaire.

La durabilité progresse moins vite que la santé

Si les enjeux environnementaux sont présents dans les préoccupations des consommateurs, ils restent secondaires par rapport aux questions de santé et de pouvoir d’achat. Ainsi, 48 % des Européens estiment aujourd’hui avoir une alimentation durable, ce qui signifie que plus de la moitié considère ne pas suivre un régime durable. Par ailleurs, l’intention de vivre de manière durable a diminué ces dernières années : 76 % des consommateurs déclaraient vouloir vivre durablement en 2021, contre 69 % en 2025.

Certains comportements associés à l’alimentation durable restent également minoritaires :

  • 16 % des consommateurs déclarent éviter les produits d’origine animale, une proportion en baisse par rapport à 2024 ;
  • un peu plus de la moitié déclarent consommer des fruits et légumes de saison.

Ces résultats suggèrent que les préoccupations environnementales peuvent passer au second plan lorsque les contraintes économiques deviennent plus importantes.

Des comportements alimentaires différents selon les générations

Le rapport met également en évidence des différences marquées entre générations. Les jeunes consommateurs se distinguent notamment par :

  • un intérêt plus marqué pour l’innovation alimentaire,
  • une plus grande attention portée à l’origine et aux modes de production des aliments,
  • une volonté plus fréquente d’augmenter leur consommation de protéines.

À l’inverse, les consommateurs plus âgés :

  • se déclarent plus satisfaits de leur alimentation,
  • cuisinent davantage à domicile,
  • accordent plus d’importance à la réduction du gaspillage alimentaire.

Ces différences générationnelles indiquent que les stratégies visant à améliorer l’alimentation devront probablement être adaptées à différents profils de consommateurs.

Un défi majeur pour la transition alimentaire

Le Trust Report 2026 met en évidence un paradoxe : les Européens expriment une volonté claire de mieux manger, mais les transformations concrètes des régimes alimentaires restent limitées. Les habitudes alimentaires, les contraintes économiques et les réalités du quotidien continuent de freiner l’évolution vers des régimes plus sains et plus durables.