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Le système Planet-Score®, dispositif d’affichage environnemental des produits alimentaires désormais déployé sur une large partie du marché français, vient de publier la toute première analyse globale de la qualité environnementale de l’offre alimentaire (marques nationales et marques de distributeurs).

Pour rappel, le Planet-score® est un système d’évaluation environnementale des produits agricoles et alimentaires et un outil d’écoconception, qui a été conçu par des scientifiques et experts pluridisciplinaires. Il s’appuie sur un référentiel de 25 indicateurs d’évaluation qui tient compte de nombreux paramètres : les ingrédients, leurs origines, les méthodes de culture ou d’élevage, l’énergie, les emballages, le transport, la biodiversité, l’usage des pesticides, et les éléments climatiques selon les dernières données de la science. La notation Planet-score® informe alors les consommateurs sur la valeur environnementale des produits qu’ils achètent. C’est aujourd’hui l’étiquetage environnemental le plus déployé en France et en Europe sur les produits alimentaires : plus de 330 marques se sont engagées aux côtés des équipes Planet-score®, dans 12 pays. Aujourd’hui, la notation est visible sur les étiquettes d’environ 100 millions d’emballages de produits alimentaires de marques engagées en rayons et sur les drives des distributeurs.

L’étude rendue publique le 20 janvier dernier porte sur plus de 135 000 produits alimentaires et livre un constat frappant pour les acteurs de l’agroalimentaire : seuls 16 % des produits en linéaires obtiennent une note considérée comme « verte », dont à peine 1 % atteignent la meilleure note A. À l’inverse, près de 67 % des produits se voient attribuer des notes globales D ou E, traduisant des impacts environnementaux défavorables.

 

Source : Planet Score & UFC Que Choisir

 

 Un enseignement clair se dégage de cette étude : ce sont les produits transformés qui concentrent les approvisionnements les moins performants sur le plan environnemental. Les distributeurs et les marques consentent plus volontiers des efforts sur les produits bruts, dont l’origine et la filière sont identifiables (parfois jusqu’au producteur), que sur les recettes élaborées où les chaînes d’approvisionnement deviennent opaques. Rares sont ceux qui s’interrogent sur l’élevage à l’origine des œufs d’une mayonnaise ou sur la production laitière derrière un biscuit au beurre. Pourtant, l’amont agricole pèse près de 85% dans le résultat final : la qualité, ou la faiblesse, des choix d’approvisionnement finit inévitablement par apparaître dans l’évaluation environnementale.

Un autre enseignement important est la distinction entre produits. Les denrées végétales affichent une proportion plus faible de notes D ou E (environ 43%), alors que cette part dépasse 76% pour les produits intégrant des matières premières issues de l’élevage, même lorsqu’elles ne constituent qu’une faible part de la composition du produit. Cela souligne à la fois l’empreinte environnementale plus marquée des filières animales et la sensibilité du calcul aux profils d’ingrédients.

L’étude met aussi en évidence des performances encore préoccupantes sur des critères environnementaux spécifiques comme la biodiversité et le climat, avec des valeurs très majoritairement en C, D ou E sur ces aspects.

Pour les industriels et distributeurs, ce premier état des lieux constitue un signal d’alarme autant qu’un appel à l’action : les efforts restent concentrés sur des produits bruts ou dont les filières sont affichées de manière transparente, alors que les produits élaborés, où les chaînes de valeur sont plus opaques, présentent des performances environnementales nettement moins satisfaisantes.

L’étude souligne toutefois l’existence d’initiatives positives : certains industriels se distinguent par l’intégration d’ingrédients issus de filières améliorées (par exemple avec des fromages AOP) ou d’autres démarches de qualité environnementale. Ces exemples servent de pistes pour encourager un renforcement des pratiques durables et valoriser les efforts des agriculteurs engagés. Au-delà de ces résultats, ce travail constitue une étape majeure dans l’affichage environnemental des produits alimentaires en France, donnant aux professionnels comme aux consommateurs un outil de compréhension et de comparaison plus fin de l’impact des produits, qui s’inscrit dans un contexte plus large de transition vers une consommation plus durable.

 

Sources :

Planet-Score dresse un premier état des lieux préoccupant de la qualité environnementale des produits alimentaires en France, AgroMedia, 11/02/2026.

Première analyse de la qualité environnementale des produits alimentaires en France, Planet Score, 20/01/2026.

https://www.planet-score.org/, Consulté le 16/02/2026.