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Le concept du “big breakfast diet” (régime du gros petit-déjeuner), consistant à concentrer une part importante des apports énergétiques au petit-déjeuner, suscite un intérêt croissant pour les stratégies de gestion du poids. Certaines hypothèses suggèrent qu’un apport énergétique plus élevé en début de journée pourrait améliorer le contrôle de l’appétit, la régulation glycémique et la dépense énergétique. Toutefois, au-delà de la répartition calorique, la composition nutritionnelle du petit-déjeuner (macronutriments, fibres, qualité des aliments) pourrait jouer un rôle déterminant, notamment sur la satiété et le microbiote intestinal.

L’objectif de cette étude était d’évaluer si la composition d’un petit-déjeuner riche en énergie, dans le cadre d’un régime hypocalorique, influence : le contrôle de l’appétit (faim, satiété, envies alimentaires), les marqueurs de santé intestinale, et la perte de poids.

Pour cela les auteurs ont mis en place un essai randomisé contrôlé mené chez 19 adultes en surpoids ou obésité suivant un programme de perte de poids. Les régimes étaient composés pour que l’apport énergétique journalier soit réparti de la façon suivante : 45% des calories le matin, 35% l’après-midi et 20% le soir. Les participants étaient répartis en deux groupes selon le régime hypocalorique suivi :

  • Régime riche en fibres (35% lipides, 15% protéines, 50% glucides ; au moins 30 g/jour de fibres alimentaires ; mélange de fibres solubles et insolubles)
  • Régime riche en protéines (35% lipides, 30% protéines, 35% glucides ; moins de 15 g/jour de fibres)

Les chercheurs ont mesuré : le poids corporel et les changements de composition corporelle, les sensations d’appétit via des échelles visuelles analogiques, les marqueurs liés à la santé intestinale (incluant des indicateurs du microbiote et/ou de la fonction intestinale), et des paramètres métaboliques associés à la gestion du poids.

L’étude montre que la stratégie “big breakfast” s’intègre efficacement dans un programme de perte de poids, avec une réduction pondérale observée chez les participants des deux groupes. Cependant, les différences entre les compositions de petit-déjeuner ont révélé des nuances importantes : le régime riche en protéines a plus réduit l’appétit que le régime riche en fibres alors que ce dernier exerçait une influence plus importante sur le microbiote (augmentation de groupes de bactéries bénéfiques et de bactéries productrices de butyrate.

En conclusion, cette étude confirme qu’un petit-déjeuner riche peut s’inscrire dans une stratégie efficace de perte de poids, mais souligne que la composition nutritionnelle du repas est essentielle pour optimiser la satiété et potentiellement la santé intestinale. En pratique, cela signifie que déplacer les calories vers le matin ne suffit pas : la qualité des aliments consommés reste un levier clé pour améliorer la régulation de l’appétit et soutenir les adaptations métaboliques.

Plusieurs limites doivent être prises en compte : l’effectif reste modéré, ce qui limite la puissance statistique ; la durée de l’intervention peut ne pas être suffisante pour observer des modifications durables du microbiote et les mesures de l’appétit reposent en partie sur des évaluations subjectives.

 

« Big breakfast diet composition impacts on appetite control and gut health: a randomized weight loss trial in adults with overweight or obesity »

Article publié le 11 février 2026 dans British Journal of Nutrition

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1017/S000711452610645X

Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Clayton de Araujo