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Les récentes publications de Santé publique France apportent un éclairage complémentaire sur le Nutri-Score, à la fois sur son impact économique et sur l’efficacité de sa communication auprès du public. Ces travaux s’inscrivent dans une logique de santé publique visant à améliorer l’information nutritionnelle et les choix alimentaires des consommateurs.

Le Nutri-Score n’est pas systématiquement lié au prix des produits

La première étude, consacrée à l’association entre Nutri-Score et prix, constitue une analyse inédite à partir de près de 28 000 produits répartis en 22 catégories. Elle montre qu’il n’existe pas de relation simple et systématique entre qualité nutritionnelle et coût. En effet, contrairement à une idée répandue, les produits mieux notés (A ou B) ne sont pas nécessairement plus chers que ceux classés D ou E. Les résultats varient fortement selon les catégories de produits. Dans certains cas, comme les yaourts ou certaines sauces, les produits de meilleure qualité nutritionnelle sont même moins chers. Cette absence de règle générale souligne la complexité des stratégies de prix, qui peuvent refléter à la fois la valorisation d’une bonne qualité nutritionnelle ou, à l’inverse, la compensation d’un score moins favorable par des prix plus bas. L’étude met également en évidence des différences selon les types de marques. Les produits issus de marques non engagées dans le Nutri-Score apparaissent souvent plus coûteux, tandis que les marques de distributeurs, plus largement engagées dans le dispositif, proposent fréquemment des produits à moindre prix. Ces résultats contribuent à déconstruire l’idée selon laquelle manger plus sainement coûterait systématiquement plus cher, un frein souvent évoqué par les consommateurs.

Une pédagogie renforcée face à un système en évolution

En parallèle, l’évaluation de la campagne Nutri-Score 2025 souligne les évolutions récentes du dispositif. L’algorithme a été actualisé afin de mieux prendre en compte les connaissances scientifiques et les transformations de l’offre alimentaire, avec pour objectif d’améliorer la cohérence avec les recommandations nutritionnelles et de faciliter la comparaison entre produits. L’évaluation montre que la campagne s’inscrit dans une stratégie d’accompagnement du déploiement du « nouveau Nutri-Score », dont la mise en œuvre progressive a été actée en 2025 avec une période de transition de deux ans pour les industriels. Cette phase transitoire, durant laquelle coexistent ancien et nouveau scores, rend d’autant plus important un effort de pédagogie pour garantir la lisibilité du dispositif. L’objectif de cette campagne était clair : renforcer la compréhension et l’appropriation du Nutri-Score par le public. L’enjeu est double : favoriser des choix alimentaires plus favorables à la santé et encourager une transformation durable de l’offre alimentaire. Dans ce contexte, la campagne devait permettre d’expliquer les derniers changements (modification de l’algorithme de calcul) au grand public afin d’éviter toute incompréhension liée aux modifications de classement de certains produits. La campagne visait également à renforcer l’appropriation du Nutri-Score par les consommateurs, en rappelant son rôle : comparer les produits au sein d’une même catégorie et orienter vers des choix plus favorables à la santé. L’évaluation de Santé Publique France souligne que cette communication s’intègre dans une dynamique plus large de généralisation du Nutri-Score, à la fois en France et en Europe. La campagne 2025 apparaît ainsi comme un levier essentiel pour accompagner ces évolutions, en consolidant la confiance et la compréhension du public face à un outil en mutation.

Sources :

Évaluation de la campagne Nutri-Score 2025, Santé Publique France, 19/03/2026

Quelle association entre Nutri-Score et prix ? Une analyse descriptive par catégorie de produits, Santé Publique France, 19/03/2026