Cet article est PREMIUM, et nécessite un abonnement payant pour lire la suite

Je m’identifie
Créer mon compte

Créez votre compte dès maintenant puis contactez-nous pour accéder aux articles Premium et/ou Lettre Export.

Inscription

Temps estimé - 4 min

D’ici 2040, la population mondiale atteindra 9 milliards d’individus, accentuant un déficit calorique déjà préoccupant : en 2023, on estimait à 573 kcal/jour les calories manquantes par habitant au niveau mondial. Les systèmes agroalimentaires actuels, largement centrés sur quelques cultures dominantes (maïs, blé, riz), se révèlent particulièrement vulnérables face aux aléas climatiques et géopolitiques. Cette dépendance fragilise la biodiversité nutritionnelle et compromet la résilience des chaînes d’approvisionnement.

Dans les pays en développement, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, les carences en micronutriments (fer, zinc, vitamine A) restent critiques. À l’inverse, les pays industrialisés sont confrontés à une surconsommation de sucre, de sel et de matières grasses, avec une prévalence croissante de l’obésité.

Les régulations à venir, en particulier la révision attendue de la classification NOVA d’ici 2026, devraient profondément influencer l’innovation produit. Les formulations devront à l’avenir conjuguer densité nutritionnelle et efficacité de la matrice alimentaire pour améliorer l’absorption des nutriments.

Dans ce contexte, les attentes des consommateurs évoluent : en 2024, 30 % d’entre eux se déclaraient prêts à payer plus cher pour des aliments à bénéfices santé, plaçant la valeur nutritionnelle devant le prix. Les produits alimentaires sont de plus en plus perçus comme un assemblage fonctionnel d’ingrédients et de propriétés bénéfiques, et non comme de simples produits finis.

Parmi les bénéfices les plus recherchés, la santé intestinale – notamment l’axe intestin-cerveau – suscite un intérêt croissant. Les fibres issues de légumineuses telles que le pois chiche ou la féverole, ainsi que les biotiques, occupent une place centrale dans cette dynamique.

Le changement climatique est désormais un enjeu prioritaire pour l’industrie alimentaire : 78 % des entreprises considèrent l’action climatique comme essentielle. Cela implique de repenser les matières premières, en privilégiant des alternatives aux cultures surproduites comme le sucre, le maïs ou le blé. Les protéines végétales (haricots, algues, mycélium) se profilent comme des solutions durables et résilientes.

Dans une logique de sécurisation des approvisionnements, de nouvelles voies sont explorées, notamment pour remplacer des ingrédients sensibles comme le cacao ou les agrumes.

Enfin, la fonctionnalité des ingrédients devient un levier majeur d’innovation. Légumineuses, champignons et algues joueront un rôle central dans les régimes alimentaires de demain, aux côtés de cultures locales, nutritives et adaptables au changement climatique, comme le mil et le sorgho, particulièrement prometteurs au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.

 

Source: Euromonitor International – Pourquoi repenser les ingrédients alimentaires maintenant ?