Cet article est PREMIUM, et nécessite un abonnement payant pour lire la suite

Je m’identifie
Créer mon compte

Créez votre compte dès maintenant puis contactez-nous pour accéder aux articles Premium et/ou Lettre Export.

Inscription

Temps estimé - 5 min

La consommation de fruits et légumes est largement reconnue comme protectrice contre l’apparition de certains cancers. Toutefois, ces aliments constituent également la principale source d’exposition alimentaire aux résidus de pesticides, dont certains sont classés comme cancérogènes probables par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Dans ce contexte, les aliments issus de l’agriculture biologique, caractérisés par une exposition réduite aux pesticides, suscitent un

intérêt croissant. Néanmoins, les données scientifiques restent hétérogènes et peu d’études ont évalué de manière fine l’impact du remplacement des aliments conventionnels par des aliments biologiques sur le risque de cancer.

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre le remplacement des fruits et légumes conventionnels par leurs équivalents biologiques et le risque de cancer. Les auteurs ont cherché à déterminer si, à consommation totale équivalente, une substitution progressive vers le bio pouvait influer sur le risque de cancer.

L’étude repose sur les données de la cohorte prospective française NutriNet-Santé, incluant 31 179 adultes suivis en moyenne pendant 7,3 ans. Les participants ont renseigné un questionnaire de fréquence alimentaire détaillé, permettant de distinguer précisément la consommation de fruits et légumes biologiques et conventionnels. La consommation bio a été estimée pour chaque aliment via une échelle de fréquence (à 5 niveaux, de jamais à toujours bio).  L’analyse principale repose sur un modèle de substitution : remplacement de 100 g/j de fruits et légumes conventionnels par des produits bio à apport total constant.

Au cours du suivi, 1 718 cas de cancer ont été identifiés, dont :  284 cancers du sein postménopause, 269 cancers de la prostate, 235 cancers de la peau, et 146 cancers colorectaux. L’analyse principale montre que le remplacement de 100 g/j de fruits et légumes conventionnels par du bio est associé à : une réduction de 2 % du risque global de cancer, et à une réduction de 10 % du risque de cancer du sein. L’association reste valable pour le cancer du sein quand les apports en fruits et légumes biologiques sont modélisés par quintiles. Après d’autres ajustements ou modélisations, la diminution du risque de cancer du sein reste significative.

→ En conclusion, cette étude suggère que remplacer les fruits et légumes conventionnels par des produits biologiques pourrait réduire le risque de certains cancers, en particulier le cancer du sein. Toutefois, l’effet sur le risque global de cancer reste modeste et limité en termes de significativité statistique. Ces résultats soutiennent l’hypothèse selon laquelle la réduction de l’exposition alimentaire aux pesticides pourrait contribuer à la prévention de certains cancers.

Plusieurs limites doivent être soulignées : le caractère observationnel de l’étude ne permet pas d’établir une relation causale ; les données alimentaires sont auto-déclarées, exposant à des biais de mesure ; des facteurs de confusion résiduels (profil globalement plus sain des consommateurs de bio) peuvent persister malgré les ajustements.

 

« Consumption of organic versus conventional fruits and vegetables in relation to cancer risk: findings from the NutriNet-Santé cohort study »

Article publié le 19 mars 2026 dans The American Journal of Clinical Nutrition

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1016/j.ajcnut.2026.101284

Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Min An