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Adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 16 février 2026, la proposition de loi n° 241 instaure, à titre expérimental pour une durée de 3 ans, un enseignement structuré d’éducation à l’alimentation dans les établissements scolaires volontaires situés dans des académies volontaires. Il ne s’agit pas encore d’une loi promulguée, mais le texte adopté marque une évolution significative de la politique éducative et nutritionnelle française.
L’expérimentation est organisée selon les niveaux d’enseignement.
- À l’école primaire, l’éducation à l’alimentation devient un enseignement structuré et obligatoire, intégré aux programmes existants. Elle comprend au minimum 3 séances annuelles réalisées sur le temps scolaire pour l’ensemble des élèves. Le texte privilégie une approche pédagogique concrète, fondée notamment sur l’éducation sensorielle, les ateliers culinaires, la découverte de la saisonnalité des produits, la visite de producteurs locaux et la valorisation des métiers agricoles et alimentaires.

- Au collège, l’éducation à l’alimentation est intégrée au parcours éducatif de santé. Chaque établissement doit élaborer un projet annuel obligatoire inscrit dans le projet d’établissement et cohérent avec les objectifs de santé publique. Ce projet est construit en concertation avec les comités compétents, les collectivités territoriales et, le cas échéant, des associations ainsi que des professionnels du secteur de l’alimentation.
- Au lycée, le dispositif prend la forme d’un module expérimental facultatif, associant les régions et pouvant donner lieu à des partenariats avec l’enseignement supérieur ou des acteurs locaux de l’alimentation.
Au-delà de l’expérimentation, le texte modifie en profondeur le Code de l’éducation. L’éducation à l’alimentation et à la lutte contre le gaspillage alimentaire est désormais explicitement intégrée parmi les missions de l’école. Un nouvel article en précise les objectifs :
- la promotion de la santé ;
- la réduction des inégalités sociales et territoriales ;
- la formation de citoyens éclairés dans leurs choix de consommation ;
- la transmission d’une culture alimentaire intégrant la saisonnalité, la connaissance des qualités nutritionnelles et la valorisation des patrimoines culinaires.
Les enseignements portent notamment sur l’équilibre nutritionnel, la découverte des produits non transformés, la compréhension des modes de production et la prévention du gaspillage alimentaire. Le texte prévoit également la possibilité d’inclure une éducation à l’analyse critique des messages publicitaires.
Ce texte marque un changement de paradigme. L’éducation alimentaire devient un levier structuré de santé publique, de transition écologique et de souveraineté alimentaire. Elle s’articule avec le Programme national nutrition santé (PNNS), le Programme national pour l’alimentation, les projets alimentaires territoriaux et, plus largement, les politiques de transition écologique.
Il traduit une volonté d’inscrire durablement l’alimentation au cœur des politiques éducatives, avec des implications potentielles à moyen terme sur la perception des produits alimentaires et sur les comportements des futures générations. Pour les acteurs du secteur, il ouvre des opportunités d’implication via des structures agréées et la valorisation des filières locales, tout en introduisant des points de vigilance, notamment autour de l’analyse critique des messages publicitaires et de l’accent mis sur les produits non transformés et la saisonnalité.
Le texte, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 16 février 2026, doit désormais être examiné par le Sénat dans le cadre de la navette parlementaire ; son entrée en vigueur dépendra de l’adoption définitive par les deux chambres puis de sa promulgation.