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Les édulcorants non caloriques occupent une place croissante dans les stratégies de gestion du poids et de réduction du sucre. Pourtant, leur impact sur l’appétit et les comportements alimentaires fait débat depuis plusieurs années. Certaines études suggèrent qu’ils pourraient perturber les mécanismes de régulation de la faim ou augmenter les envies de sucre.

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact d’un mélange d’édulcorants (acésulfame de potassium (E950) et cyclamates (E952)) sur la faim, la satiété, l’envie de manger sucré et l’apport énergétique.

Pour cela, les auteurs ont utilisé les participants d’une étude clinique contrôlée randomisée chez des adultes en surpoids ou obèses et ont mené une sous-étude dans laquelle les participants ont été testés à trois moments clés : avant une perte de poids, après deux mois de régime, puis après quatre mois de stabilisation. Lors de chaque session, ils consommaient un petit-déjeuner standardisé, suivi d’une boisson test contenant soit des édulcorants (5 grammes), soit de l’eau. Les sensations d’appétit étaient mesurées pendant plus de 4 heures à l’aide d’échelles visuelles, et un repas à volonté (des pizzas) permettait d’évaluer l’apport énergétique réel. Le petit-déjeuner consistait en du yaourt avec de l’avoine et des cranberries.

Les résultats montrent que les édulcorants n’augmentent ni la faim ni l’apport calorique. Plus précisément, aucune différence significative n’a été observée concernant la satiété, la sensation de faim globale ou la quantité de nourriture consommée lors du repas suivant comparé au groupe n’ayant reçu que de l’eau. Après la consommation de la boisson édulcorée, les participants ont rapporté une diminution de la “consommation prospective” (c’est-à-dire de la quantité qu’ils pensent pouvoir manger) ainsi qu’une réduction marquée de l’envie de manger sucré. Cette baisse de l’attirance pour le sucre persiste sur plusieurs heures après ingestion des édulcorants.

Cependant, une partie de ces effets semble liée à la palatabilité. Les boissons contenant des édulcorants ont été jugées moins agréables au goût, ce qui pourrait influer sur certaines réponses subjectives liées à l’appétit. Une fois cet élément pris en compte dans les analyses, certaines différences entre les groupes diminuent, ce qui complique l’interprétation des résultats.

→ En conclusion, cette étude ne soutient pas l’idée selon laquelle les édulcorants perturbent la régulation de l’appétit ou favorisent une surconsommation alimentaire. Au contraire, ils pourraient même réduire temporairement l’envie de consommer des aliments sucrés, sans impact sur l’apport énergétique total.

 

« Acute and Prolonged Effects of Sweeteners and Sweetness Enhancers on Postprandial Appetite Sensations, Palatability, and Ad Libitum Energy Intake in Humans: A SWEET Sub-Study »

Article publié le 17 mars 2026 dans Nutrients

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.3390/nu18060948

Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexles. Crédit : Towfiqu barbhuiya