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La fragilité est un syndrome multidimensionnel caractérisé par une diminution des réserves physiologiques et une vulnérabilité accrue face aux stress biologiques. Elle est associée à un risque accru de chutes, de fractures, de maladies cardiovasculaires et de mortalité. Chez les personnes âgées, et particulièrement chez les femmes, la nutrition constitue un levier majeur de prévention. Parmi les facteurs nutritionnels étudiés, les apports en protéines et leur origine suscitent un intérêt croissant, notamment en lien avec le maintien de la masse musculaire et des fonctions physiologiques.

L’objectif était d’analyser l’association entre les apports en protéines totales, animales et végétales, et la présence de fragilité chez des femmes âgées vivant à domicile.

L’étude repose sur une cohorte de 1380 femmes australiennes âgées en moyenne de 75 ans, issues de la Perth Longitudinal Study of Ageing Women. Les apports ont été évalués via un questionnaire de fréquence alimentaire validé (FFQ) couvrant 12 mois et une estimation des protéines totales, animales et végétales exprimées en g/kg de poids corporel/jour.

La fragilité a été mesurée via un Frailty Index (FI) intégrant 33 variables couvrant les fonctions physiques, la cognition, les comorbidités, l’état psychologique… Chaque variable était codée binairement : 1 (déficit) ou 0 (absence de déficit de santé). Le score total était ensuite divisé par 33 pour obtenir un score de fragilité. Un score supérieur ou égal à 0,25 définissait un état de fragilité.

19,9 % des participantes étaient considérées comme fragiles. Une association non linéaire a été observée : les apports protéiques totaux les plus élevés (environ 1,66 g/kg/j) étaient associés à une réduction de 49 % du risque de fragilité. Les bénéfices apparaissaient dès 1,1 g/kg/j et plafonnaient autour de 1,6 g/kg/j. Les protéines végétales montraient l’association la plus forte : jusqu’à 65 % de réduction du risque pour les apports les plus élevés. Les protéines animales étaient également associées à une réduction du risque, mais avec un effet significatif uniquement jusqu’à 0,8 g/kg/j et une absence de bénéfice supplémentaire à plus forte dose. Les résultats suggèrent qu’une combinaison protéines végétales et animales est optimale avec une contribution potentiellement plus importante du végétal

→ En conclusion, cette étude montre que des apports protéiques plus élevés que les recommandations actuelles sont associés à une réduction significative du risque de fragilité, et qu’un apport optimal semble se situer entre 1,1 et 1,6 g/kg/j. De plus, elle suggère que les protéines végétales jouent un rôle particulièrement protecteur et que, malgré un effet plafond, les protéines animales restent importantes. Globalement, une stratégie nutritionnelle combinant sources végétales et animales apparaît comme la plus pertinente pour prévenir la fragilité chez les femmes âgées

« Association between protein intake from animal and plant sources and the presence of frailty in community-dwelling Australian women »

Article publié le 31 mars 2026 dans International Journal of Food Sciences and Nutrition

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1080/09637486.2026.2644869Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Anna Shvets