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L’étiquetage nutritionnel constitue un levier clé pour orienter les choix alimentaires des consommateurs. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a récemment mis à jour la définition du terme « healthy/sain », afin de mieux l’aligner avec les recommandations nutritionnelles actuelles et les approches alimentaires globales. Cette évolution traduit un changement important : il ne s’agit plus uniquement d’évaluer des nutriments isolés, mais la contribution globale d’un aliment à un régime alimentaire équilibré. Dans un contexte où les choix alimentaires sont également influencés par des facteurs économiques et comportementaux, il est essentiel de comprendre concrètement quels aliments répondent à cette nouvelle définition et comment ils se positionnent sur le marché.
L’étude vise à appliquer les nouveaux critères « sains » de la FDA à une base de données représentative des aliments et boissons consommés aux États-Unis, afin de comparer les produits éligibles et non éligibles selon trois dimensions clés : la densité nutritionnelle, le coût et la fréquence de consommation. L’objectif est d’évaluer dans quelle mesure cette nouvelle définition permet d’identifier des aliments réellement plus favorables à la santé, tout en tenant compte des contraintes économiques et des habitudes alimentaires.
Les chercheurs ont analysé plus de 3 000 aliments et boissons issus de bases de données nationales, couvrant 12 groupes alimentaires (fruits, légumes, céréales, produits laitiers, protéines végétales, protéines animales, huiles, plats composés, snacks, desserts, boissons (eau, thé, café) et autres boissons). Les produits ont été classés comme « sains » s’ils respectaient les critères FDA : présence d’au moins un groupe alimentaire recommandé (fruits, légumes, céréales complètes, produits laitiers ou protéines) et respect de seuils pour le sodium, les graisses saturées et les sucres ajoutés. La densité nutritionnelle a été évaluée via l’indice NRF 9.3 (basé sur 9 nutriments à favoriser et 3 nutriments à limiter), tandis que le coût a été calculé à partir de bases de prix nationales (par portion, 100 g et 100 kcal). La fréquence de consommation a été estimée à partir des données NHANES.

Parmi les aliments analysés, seuls 14 % répondent aux critères « sains », ce qui souligne le caractère très sélectif de la définition. La majorité des produits est exclue en raison d’excès de sodium, de graisses saturées ou de sucres ajoutés, en particulier dans les produits transformés et les plats composés. Les aliments qualifiés présentent une densité nutritionnelle significativement plus élevée que celle des autres, confirmant la cohérence du cadre réglementaire. En revanche, les résultats sur le coût sont plus contrastés : les produits « sains » sont globalement moins chers par portion, mais plus coûteux lorsqu’on les compare par apport énergétique (100 kcal). Certaines catégories, comme les protéines végétales ou les plats composés, présentent même des coûts plus élevés pour les produits conformes. Enfin, les aliments « sains » sont en moyenne consommés plus fréquemment que les autres, notamment les fruits, les légumes et les boissons non caloriques (eau, thé, café). Toutefois, cette tendance varie selon les catégories.
→ En conclusion, cette étude montre que la nouvelle définition « healthy » de la FDA permet effectivement d’identifier des aliments de meilleure qualité nutritionnelle. Toutefois, elle met également en évidence un écart important entre les recommandations nutritionnelles et l’offre alimentaire actuelle, avec une majorité de produits non conformes. Si les aliments éligibles sont globalement plus nutritifs et parfois plus accessibles par portion, leur coût énergétique et leur disponibilité variable selon les catégories peuvent limiter leur adoption. Ces résultats soulignent le rôle clé de la reformulation des produits pour améliorer l’offre alimentaire.
Les auteurs soulignent plusieurs limites importantes. Tout d’abord, certaines bases de données utilisées ne sont pas parfaitement alignées (notamment pour les prix ou les tailles de portions), ce qui peut introduire des approximations. De plus, certains aliments n’ont pas pu être correctement classés faute d’informations suffisantes.
« An Updated Definition of “Healthy” Foods in the United States: How Do They Measure in Nutrient Density, Cost, and Frequency of Consumption? »
Article publié le 2 septembre 2025 dans Current Developments in Nutrition
Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1016/j.cdnut.2025.107545
Photo d’illustration issue de la banque d’images Pexels. Crédit : Kaboompics