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Le Baromètre des produits biologiques en France 2026, réalisé par l’Agence Bio et l’Obsoco, repose sur une enquête en ligne menée du 22 octobre au 3 novembre 2025 auprès de 6 127 personnes représentatives de la population française âgée de 18 à 75 ans. L’étude analyse l’évolution de la consommation de produits biologiques, les motivations des consommateurs, les freins à l’achat ainsi que les perceptions associées au bio.

Les résultats montrent une reprise de la consommation de produits biologiques. En 2025, 59 % des Français déclarent consommer des produits bio au moins une fois par mois, retrouvant ainsi un niveau comparable à celui observé en 2022. La consommation au moins hebdomadaire atteint 35 %, en progression par rapport aux années précédentes. Cette hausse concerne l’ensemble des catégories sociales et des classes d’âge.

La fréquence de consommation varie toutefois selon les territoires. Certaines régions, comme l’Île-de-France ou la région PACA-Corse, présentent des niveaux de consommation plus élevés, avec environ 40 % des habitants consommant du bio au moins une fois par semaine, alors que d’autres régions affichent des proportions plus faibles.

Chez les consommateurs de produits biologiques, les catégories les plus fréquemment achetées restent les fruits et légumes (85 %), suivis des œufs (66 %), des produits laitiers (59 %), des produits d’épicerie (52 %) et de la viande et volaille (49 %). Les boissons (28 %) et les produits de la mer (17 %) sont nettement moins cités.

Cette reprise s’inscrit dans un contexte de desserrement des contraintes budgétaires. En 2025, 36 % des Français déclarent devoir se restreindre pour des raisons financières sur leurs dépenses alimentaires, soit trois points de moins qu’en 2024.

Les motivations de consommation reposent avant tout sur la santé et l’environnement. Parmi les consommateurs réguliers, 57 % déclarent consommer du bio pour préserver leur santé, ce qui en fait la première motivation. La protection de l’environnement arrive en deuxième position (38 %), devant le goût des produits (33 %), le bien-être animal (28 %) et des raisons éthiques ou sociales (25 %).

Ces motivations s’inscrivent dans une évolution plus large des représentations du « bien manger ». En 2025, 45 % des Français associent prioritairement le bien manger à une alimentation équilibrée, tandis que 36 % évoquent une alimentation qui ne porte pas atteinte à la santé. À l’inverse, les dimensions liées au plaisir des sens (26 %) et à la convivialité (21 %) reculent par rapport aux années précédentes.

L’image du bio reste globalement positive. 53 % des Français déclarent que le terme « bio » évoque quelque chose de positif, tandis que 20 % en ont une perception négative et 27 % se disent indifférents. Par ailleurs, 74 % considèrent que les produits biologiques sont meilleurs pour la santé et 80 % estiment que l’agriculture biologique contribue à préserver l’environnement, les sols et les ressources en eau.

Malgré cette perception favorable, plusieurs freins persistent. Le prix demeure la principale barrière, cité par 75 % des non-consommateurs et 74 % des consommateurs comme raison de ne pas acheter davantage de produits biologiques. Les doutes sur le caractère réellement biologique des produits ou sur leur traçabilité restent également présents, tout comme la préférence pour des produits locaux non bio.

La concurrence entre le bio et le local apparaît clairement dans les comportements d’achat. 59 % des Français déclarent avoir acheté davantage de produits locaux ou en circuit court, tandis que 38 % indiquent avoir augmenté leurs achats de produits biologiques.

La notoriété des labels demeure élevée. Le label AB est connu par 95 % des Français, tandis que la reconnaissance du logo européen « eurofeuille » atteint 66 % en 2025, en nette progression par rapport aux années précédentes.

Les premiers chiffres du marché pour 2025 confirment également une reprise des ventes de produits biologiques, avec une hausse estimée de 3,5 % de la consommation à domicile. La croissance concerne plusieurs circuits de distribution : +6,6 % dans les magasins spécialisés bio, +5,2 % en vente directe et +1,7 % en grande distribution, après plusieurs années de recul. Les fruits et légumes frais apparaissent comme les principaux moteurs de cette croissance.

Dans le même temps, le baromètre signale une baisse du nombre d’acteurs engagés dans la filière biologique. En 2025, le nombre de producteurs bio diminue de 0,6 %, soit 386 fermes en moins, tandis que le nombre d’opérateurs de l’aval engagés dans la filière recule de 2,1 %, soit 530 entreprises de moins.

Ainsi, le baromètre 2026 met en évidence une reprise de la consommation et du marché du bio, tout en soulignant la persistance de freins liés au prix, aux doutes des consommateurs et à la concurrence d’autres repères alimentaires, notamment le local.