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Après plusieurs mois de concertation, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) 2025-2030 a été officiellement publiée par le Gouvernement le 11 février 2026.

Prévue par la loi Climat et Résilience de 2021, elle constitue désormais la feuille de route nationale en matière d’alimentation pour les cinq prochaines années. Elle vise à articuler, dans un cadre unique, les enjeux de santé publique, transition écologique, justice sociale et souveraineté alimentaire.

Notre précédent article analysait les premiers retours issus de la consultation. La version publiée confirme un cap plus structuré, avec 4 objectifs généraux à horizon 2030, déclinés en 3 axes stratégiques et en actions opérationnelles.

Quatre objectifs généraux à horizon 2030

La SNANC fixe 4 ambitions nationales :

  • Diminuer la prévalence du surpoids et de l’obésité, notamment chez les enfants et adolescents ;
  • Tendre vers la disparition de l’insécurité alimentaire ;
  • Réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation par rapport à 1999 ;
  • Renforcer la souveraineté alimentaire française.

Ces objectifs s’inscrivent dans un contexte marqué par une progression du surpoids qui concerne près d’un adulte sur deux en France, une insécurité alimentaire touchant plusieurs millions de personnes, et un système alimentaire responsable d’environ un quart des émissions nationales de gaz à effet de serre.

La stratégie se veut donc à la fois sanitaire, sociale et climatique.

Axe 1 : Améliorer l’environnement alimentaire pour favoriser des choix favorables à la santé et au climat

Le premier axe agit directement sur l’offre et sur l’information.

  • Une transformation de l’offre alimentaire

La SNANC prévoit la révision et le renforcement des accords collectifs de progrès nutritionnel, avec l’introduction de seuils maximaux incitatifs en sel, sucres et matières grasses pour les aliments les plus contributeurs aux apports excessifs.

La stratégie mentionne également l’intégration d’objectifs relatifs à la densité en fibres, traduisant une approche qui ne se limite plus à la réduction des nutriments critiques mais vise une amélioration globale du profil nutritionnel.

Les engagements sectoriels devront être suivis par des indicateurs. En cas d’insuffisance, la possibilité de mesures réglementaires est explicitement évoquée.

Par ailleurs, la SNANC prévoit un soutien au développement des légumineuses et des protéines végétales, en cohérence avec les repères nutritionnels actualisés.

  • Une information renforcée des consommateurs

Le Gouvernement confirme la poursuite du déploiement du Nutri-Score, dont l’usage reste volontaire mais encouragé, y compris en restauration commerciale.

La stratégie prévoit également le déploiement progressif d’un affichage environnemental volontaire encadré, ainsi qu’un travail d’objectivation des critères environnementaux des labels privés, en cohérence avec les évolutions européennes à venir.

  • Un encadrement du marketing alimentaire

La SNANC vise à réduire l’exposition des enfants et adolescents aux produits trop gras, sucrés ou salés.

Elle prévoit le renouvellement de la Charte alimentaire 2025-2029, l’évaluation des engagements volontaires et, en cas de résultats jugés insuffisants, la possibilité d’un encadrement réglementaire du marketing alimentaire dans les médias.

Axe 2 : Garantir l’accès de tous à une alimentation saine et durable

Le deuxième axe porte sur l’équité sociale et l’accès effectif à une alimentation de qualité.

  • Lutte contre l’insécurité alimentaire

La stratégie prévoit le renforcement du programme « Mieux manger pour tous » et l’amélioration qualitative des denrées distribuées dans le cadre de l’aide alimentaire, avec un alignement sur les recommandations nutritionnelles.

  • Restauration collective : un levier structurant

La SNANC réaffirme les objectifs de la loi EGAlim, notamment l’atteinte de 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % issus de l’agriculture biologique en restauration collective.

Elle prévoit une transparence accrue sur les taux atteints, un accompagnement des collectivités et un renforcement de l’encadrement nutritionnel pour certains publics (petite enfance, établissements médico-sociaux).

Axe 3: Transformer durablement les systèmes alimentaires

Le troisième axe inscrit la stratégie dans une perspective systémique.

  • Réduction de l’impact environnemental

La SNANC prévoit le déploiement progressif de l’affichage environnemental, la promotion de régimes alimentaires compatibles avec les objectifs climatiques et le renforcement des contrôles en matière de gaspillage alimentaire, en cohérence avec l’objectif national de réduction de 50 % du gaspillage alimentaire.

  • Accélération de la transition protéique

La stratégie encourage l’augmentation de la consommation de légumineuses, le développement des filières protéines végétales et la réduction de la consommation de viandes transformées, en cohérence avec les repères nutritionnels et les objectifs climatiques.

Une transformation systémique

Les 3 axes convergent vers une transformation structurée de l’environnement alimentaire :

  • agir sur l’offre (reformulation, affichage, composition) ;
  • agir sur l’accès (aide alimentaire, restauration collective) ;
  • agir sur la structure du système (climat, protéines, gouvernance).

La SNANC ne constitue pas en elle-même un texte réglementaire contraignant, mais elle fixe un cadre stratégique qui orientera les politiques publiques, les dispositifs incitatifs et, le cas échéant, les évolutions normatives des prochaines années.

Pour les acteurs agroalimentaires, elle marque une étape importante : l’intégration simultanée des enjeux nutritionnels, environnementaux et sociaux devient désormais la référence des politiques publiques alimentaires à l’horizon 2030.