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Les régimes plus riches en aliments d’origine végétale sont souvent associés à une meilleure santé cardiométabolique. Mais « manger plus végétal » ne dit rien de la qualité des aliments consommés : un régime peut être majoritairement végétal tout en restant riche en produits sucrés, raffinés ou ultra-transformés. Cette nuance est devenue centrale avec l’usage d’indices distinguant les régimes favorables (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes…) des régimes défavorables (produits végétaux sucrés, raffinés, snacks, etc.).

Cette étude vise à synthétiser, via une méta-analyse conduite sur trois populations françaises distinctes, les associations entre différents indices de régimes à base de végétaux (global, « sain », « non-sain ») et la présence d’un syndrome métabolique. L’hypothèse est que la version « régime végétalisé sain » est associée à un profil plus favorable, tandis que la version “régime végétalisé non-sain » pourrait au contraire être associée à davantage de risque cardiométabolique.

Les auteurs s’appuient sur des données transversales issues de trois populations françaises :

  • 16 358 participants de la cohorte NutriNet-Santé : cohorte prospective lancée en 2009
  • 1 769 participants de l’étude Esteban : enquête conduite entre 2014 et 2016 par l’ANSM
  • 1 565 participants de l’étude STANISLAS : cohorte familiale de la région Lorraine lancée en 1993-1995

Le syndrome métabolique était défini par la présence d’au moins trois des critères suivants :

  • Tour de taille élevé (égal ou supérieur à 94 cm pour les hommes et 80 cm pour les femmes)
  • Hypertension artérielle (tension diastolique ou systolique supérieure ou égale à 130/85 mmHg ou prise de médicaments antihypertension)
  • Hypertriglycéridémie (taux supérieur ou égal à 150 mg/dL ou traitement médicamenteux)
  • Faible taux de lipoprotéine de haute densité (HDL) (inférieur à 40 mg/dL pour les hommes et 50 mg/dL pour les femmes)
  • Hyperglycémie (glycémie à jeun supérieure à 100 mg/dL ou prise de médicaments anti-diabètes)

Une meilleure adhésion à un régime végétal de « bonne qualité » (hPDI) est associée à une prévalence plus faible du syndrome métabolique et de plusieurs de ses composantes, avec un signal particulièrement marqué chez les femmes : chaque augmentation de 10 points de hPDI est associée à une baisse du syndrome métabolique et à des améliorations cohérentes du tour de taille, de l’hypertension, des triglycérides, du HDL et de l’hyperglycémie. Chez les hommes, l’effet protecteur existe mais est plus modéré et surtout visible pour le syndrome métabolique global, l’adiposité abdominale et, plus faiblement, la pression artérielle. À l’inverse, un régime végétal « de mauvaise qualité » (uPDI) est associé à une prévalence plus élevée de syndrome métabolique surtout chez les femmes, avec des hausses significatives de triglycérides et de pression artérielle, tandis que chez les hommes les associations sont globalement faibles et souvent non significatives.

→ En conclusion, cette méta-analyse renforce l’idée que promouvoir une alimentation plus végétale peut être cohérent avec un objectif cardiométabolique, mais seulement si l’on favorise les aliments végétaux peu ou pas transformés et que l’on limite les options végétales « non-saines » (raffinées, sucrées, ultra-transformées).

La limite majeure est le caractère transversal des données : on observe des associations à un instant donné, sans pouvoir conclure à une causalité (risque de causalité inverse : un état métabolique altéré peut aussi influencer les choix alimentaires). S’ajoutent les limites classiques des enquêtes alimentaires (erreurs de mesure, biais de déclaration).

 

« Cross-sectional associations between healthy and unhealthy plant-based diets and metabolic syndrome in three distinct French populations: a meta-analysis »

Article publié le 3 mars 2025 dans British Journal of Nutrition

Lien (article en accès libre) : https://doi.org/10.1017/S0007114525000376

Photos d’illustration issues de la banque d’image Pexels. Crédit : Viktoria Slowikowska